Le vendredi 1 mai 2026 à 21:14
Deux hommes âgés de 30 et 43 ans ont été mis en examen ce vendredi à Paris pour "recel de vol en bande organisée, vol avec arme et association de malfaiteurs". Ils sont soupçonnés d'avoir participé au braquage de la bijouterie Harry Winston, survenu le 18 mai 2024 avenue Montaigne à Paris, dans le VIIIe arrondissement, au cours duquel des bijoux d'une valeur de plus de 8 millions d'euros avaient été dérobés. Trahis par leurs empreintes génétiques, ils portent à six le nombre de suspects interpellés dans ce dossier.
Ce jour-là, en fin de matinée, trois hommes casqués sont arrivés devant l'enseigne de luxe à bord de deux motos. L'un des deux-roues a été projeté contre la porte vitrée de l'établissement, permettant aux malfaiteurs de pénétrer à l'intérieur. L'un d'eux, équipé d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov, est resté à l'extérieur pour faire le guet, tandis que ses complices ont brisé neuf présentoirs à l'aide de machettes. Plusieurs vidéos amateurs montrant les malfaiteurs ont été publiées sur les réseaux sociaux le jour des faits.
Quelques minutes plus tard, les braqueurs ont quitté les lieux en direction de la Seine-Saint-Denis, emportant 23 pièces de haute joaillerie.
Un faux acheteur infiltré pour récupérer le butin
Les enquêteurs de la brigade de répression du banditisme (BRB) de Paris se sont lancés sur leurs traces. Le 27 juin 2024, trois premiers suspects ont été arrêtés alors qu'ils tentaient d'écouler une partie du butin. Un policier s'est fait passer pour un acheteur, ce qui a permis d'identifier et d'interpeller les suspects, selon une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien. Une perquisition menée au domicile de l'un d'eux, dans le XVIe arrondissement, a permis de retrouver 17 pièces, représentant une somme de 5,5 millions d'euros, conditionnées dans des sacs plastiques transparents.
L'analyse de ces sachets a permis d'identifier un quatrième homme, âgé de 55 ans. Cet homme de 55 ans a été interpellé le 8 avril 2025 chez lui, à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne). Il a finalement été laissé libre sous contrôle judiciaire après sa mise en examen. Selon nos confrères, il aurait écoulé la marchandise en Israël.
Confondus par leur ADN
Mardi, deux nouveaux membres présumés de cette équipe, originaire d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ont été interpellés dans cette commune. L'un a été interpellé en pleine rue, l'autre chez lui. Placés en garde à vue dans les locaux de la direction de la police judiciaire (DPJ-PP), au 36 rue du Bastion (XVIIe arrondissement), les deux hommes ont gardé le silence lors de leurs auditions, précise le quotidien francilien.
Là encore, ce sont les traces ADN qui les ont confondus. Une empreinte génétique retrouvée sur la sangle de la Kalachnikov tenue par le guetteur a permis d'identifier le plus jeune comme ayant directement participé aux faits. C'est l'ADN présent sur les sachets de bijoux qui a conduit à suspecter le second, âgé de 43 ans, d'avoir joué un rôle de receleur. Il est défavorablement connu de la justice avec 11 mentions à son casier, principalement pour des faits de vol, soulignent nos confrères.
Présentés devant le juge des libertés et de la détention (JLD), l'un a été placé en détention provisoire, tandis que l'autre a été incarcéré après avoir sollicité un débat différé.