Le samedi 26 septembre 2026 à 14:59
Le policier national filmé en juin dernier à Carcassonne (Aude), alors qu'il projetait un homme au sol lors de la Fête de la musique, sera jugé le 6 novembre prochain devant le tribunal correctionnel. Il a fait l'objet d'une enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Placé en garde à vue ce vendredi 25 septembre, le fonctionnaire a été présenté au parquet le jour même, puis soumis à un contrôle judiciaire. Il lui est notamment interdit d'exercer toute activité policière jusqu'à l'audience. La procureure de la République Géraldine Labialle a annoncé ces suites judiciaires dans un communiqué ce samedi.
L'antenne de Marseille de l'IGPN avait été saisie par le parquet dimanche 13 septembre, deux jours après la mise en ligne des images sur les réseaux sociaux. Selon la magistrate, ses investigations sont désormais achevées. Le policier, affecté à la brigade de nuit du commissariat de Carcassonne, "a été placé en garde à vue le 25 septembre et a été présenté au parquet de Carcassonne le jour même afin de se voir notifier une date de comparution devant le tribunal correctionnel de Carcassonne", précise le communiqué.
D'ici son procès, le fonctionnaire est soumis à plusieurs obligations. "Il a été placé sous contrôle judiciaire jusqu'à la date de l'audience fixée le 6 novembre 2026 avec interdiction d'exercer toute activité policière ou toute activité en lien avec la sécurité et interdiction de détenir une arme", indique la procureure. Une enquête administrative a par ailleurs été ouverte.
Une vidéo publiée près de trois mois après les faits
La scène s'est déroulée le 21 juin, vers 19h45, rue Auguste-Fourès. Des policiers municipaux et nationaux intervenaient alors pour interpeller un homme dans un contexte de nuisances sonores répétées, liées à des enceintes installées devant un domicile. Un homme de 29 ans, sans domicile fixe, s'est approché du matériel. D'après l'un de ses frères, interrogé par Mediapart, il souhaitait récupérer son téléphone, qui était branché à l'une des enceintes. Un policier national l'a alors saisi par derrière et l'a fait basculer au sol, sa tête heurtant violemment la chaussée. Dans son communiqué, le parquet décrit l'homme comme étant à ce moment-là "en état d'ivresse manifeste". Il ne faisait l'objet d'aucune interpellation et n'avait pas déposé plainte, avait souligné la procureure dans un premier communiqué, le 14 septembre.
Selon le témoin qui a filmé la scène, les tensions se sont poursuivies après la fin de son enregistrement. L'homme aurait alors été aspergé de gaz lacrymogène. Le témoin dit lui avoir rincé les yeux et avoir voulu appeler les pompiers, ce que l'homme aurait refusé. Ce témoin a longtemps conservé les images. Il a finalement décidé de les publier sur TikTok le 11 septembre, dans la foulée de l'affaire des propos racistes tenus par des policiers municipaux de la ville. Le lendemain, l'une des sœurs de la victime a effectué un signalement sur la plateforme de l'IGPN. Elle a ensuite remis la vidéo à une brigade de gendarmerie le 13 septembre.
CARCASSONNE : Une enquête administrative a été ouverte à la suite d'une vidéo montrant un agent de la police nationale en train de jeter à terre un homme, le 21 juin dernier. La victime, sans domicile fixe, est décédée une dizaine de jours plus tard. pic.twitter.com/tpNIxHofKA
— Infos Françaises (@InfosFrancaises) September 14, 2026
Aucun lien établi avec le décès
L'homme projeté au sol a été retrouvé en arrêt cardiaque le 3 juillet, sur le lieu où il campait, douze jours après les faits. Les secours ne sont pas parvenus à le réanimer, et une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte. Selon la procureure, "les conclusions médico-légales de l'autopsie réalisée le 9 juillet 2026 excluaient toute lésion traumatique suspecte en faveur de l'intervention d'un tiers et privilégient la cause toxique au regard de ses antécédents connus de polytoxicomanie". En l'état des investigations, le parquet a donc écarté tout lien de causalité entre le geste du policier et le décès.
Ses proches, qui ont découvert la vidéo sur les réseaux sociaux, n'accusent pas le fonctionnaire d'être responsable de sa mort. Ils demandaient toutefois "que ce geste anormal soit puni", selon Mediapart.
Un policier municipal suspendu également présent sur les images
Sur la vidéo apparaît également l'un des quatre policiers municipaux suspendus le 9 septembre, après la révélation par Midi Libre de propos racistes, misogynes et complotistes enregistrés par une caméra-piéton. C'est lui qui aide l'homme à se relever après sa chute. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a ordonné un contrôle de l'ensemble de la police municipale de Carcassonne par l'Inspection générale de l'administration (IGA).