Le dimanche 21 juin 2026 à 13:06 - MAJ dimanche 21 juin 2026 à 13:18
Les circonstances de cette affaire se précisent. Deux gendarmes du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) ont été blessés aux jambes par balle, ce samedi soir à Saint-Jean-Pierre-Fixte (Eure-et-Loir), aux portes de Nogent-le-Rotrou, par un homme de 82 ans armé et retranché. Le procureur de la République de Chartres, Frédéric Chevallier, a détaillé le déroulé des faits, ce dimanche dans un communiqué. L'auteur des tirs, qui s'est rendu après plusieurs heures, a été placé en garde à vue pour tentatives d'homicides volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique.
Tout a commencé vers 18h50, lorsque le centre opérationnel de la gendarmerie nationale d'Eure-et-Loir a été alerté par l'appel téléphonique d'une femme demeurant dans un lieu-dit proche de Nogent-le-Rotrou. Elle a signalé que son mari, âgé de 82 ans, inquiétait sa famille en tenant des propos tels que "c'est la révolution" ou encore "Macron a été destitué", et "qu'il s'était armé d'un fusil et de cartouches et qu'il était sorti de chez lui", selon le communiqué.
Les gendarmes pris pour cible
Cinq militaires du PSIG de Nogent-le-Rotrou ont été dépêchés sur les lieux. À leur arrivée, ils ont été reçus par l'une des filles du couple, qui leur a indiqué que "son père se trouvait dans le jardin derrière un cèdre avec une arme". Les gendarmes ont placé la jeune femme en protection, puis ont engagé le dialogue tout en progressant vers l'homme.
C'est à ce moment que les coups de feu ont éclaté. Selon le parquet, l'octogénaire "tirait à trois reprises vers les gendarmes dont deux étaient blessés aux jambes. Les gendarmes répliquaient". "L'homme se réfugiait dans le sous-sol de sa maison, peut-être blessé à la main", poursuit le communiqué.
Les deux gendarmes blessés ont d'abord été admis au centre hospitalier de Nogent-le-Rotrou, avant d'être transportés, l'un au CH de Chartres, l'autre à l'hôpital d'instruction des armées Percy, à Clamart (Hauts-de-Seine). "Leurs pronostics vitaux n'étaient pas engagés", a précisé le procureur.
Deux enquêtes ouvertes par le parquet
Le parquet de Chartres a immédiatement ouvert deux volets d'enquête. Il a saisi la Brigade de recherches (BR) de Nogent-le-Rotrou pour les faits de "tentative d'homicides volontaires sur les deux gendarmes, personnes dépositaires de l'autorité publique", et la Section de recherches (SR) d'Orléans (Loiret) pour les "violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique sur l'homme retranché". Dans ce cadre, les armes utilisées par les militaires ont été saisies et leurs auditions rapidement réalisées.
Le magistrat de permanence s'est déplacé pour coordonner les premières investigations et assurer la fluidité des informations, tandis que le GIGN était mobilisé pour mener les opérations de négociation et d'interpellation.
Un retraité placé en garde à vue
"Finalement à 22h50, l'homme se rendait sans difficultés", indique le communiqué. Les premières vérifications ont établi qu'il n'était pas connu de la justice. Retraité depuis une vingtaine d'années, il avait exercé une carrière d'artisan dans sa commune, où il vivait avec son épouse.
L'octogénaire a été placé en garde à vue pour les tentatives d'homicides volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique. "Sa garde à vue était déclarée compatible, médicalement, avec son état de santé", a indiqué le parquet. L'homme a été transporté au centre hospitalier du Mans (Sarthe), car il présentait "une plaie saignante à une main avec présence d'un corps étranger, un projectile en métal", et a subi une intervention chirurgicale. "Il doit être examiné par un médecin psychiatre dans la journée. En l'état il n'a pas été auditionné par les gendarmes", a ajouté Frédéric Chevallier. "Un nouveau communiqué sera diffusé en fonction de l'évolution des investigations menées et des décisions d'action pénale prises", a-t-il conclu.