Nice : Le père soupçonné d'avoir tué son fils de 17 ans visé par une plainte de son épouse deux jours plus tôt

Le père de famille soupçonné du meurtre de son fils de 17 ans à Nice a été placé en garde à vue mardi et a reconnu les faits. Le parquet, qui a requalifié l'enquête en assassinat, indique que la mère de l'adolescent avait porté plainte contre son mari deux jours plus tôt.
Nice : Le père soupçonné d'avoir tué son fils de 17 ans visé par une plainte de son épouse deux jours plus tôt
Illustration. (Jose Hernandez/Camera 51/shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 5 août 2026 à 17:22

Le père de famille soupçonné d'avoir tué son fils de 17 ans à Nice (Alpes-Maritimes) a reconnu les faits lors de sa garde à vue, a annoncé ce mercredi 5 août le parquet de Nice dans un communiqué. L'enquête, ouverte après la découverte du corps de l'adolescent lundi 3 août dans un appartement du quartier de la Madeleine, a été requalifiée en assassinat. Le ministère public révèle par ailleurs que l'épouse du mis en cause, mère de la victime, avait déposé plainte pour violences conjugales deux jours avant le drame.

Le suspect est sorti de l'hôpital le lendemain des faits. "À sa sortie de l'hôpital le 4 août 2026 en fin de matinée, le mis en cause, un homme de 59 ans exerçant la profession d'aide-soignant et au casier judiciaire néant, était placé en garde à vue du chef d'assassinat", indique le parquet. À l'issue de cette mesure, il sera déféré ce jeudi 6 août en vue de l'ouverture d'une information judiciaire pour assassinat. "Des réquisitions de placement en détention provisoire seront prises à l'encontre du mis en examen", précise le communiqué signé de la procureure de la République adjointe, Sabine Neale.

Un oreiller puis le câble du fer à repasser

Devant les enquêteurs, l'aide-soignant a livré le détail de son passage à l'acte. "Il reconnaissait avoir tué son fils en lui mettant dans un premier temps un oreiller sur le visage pour l'étouffer puis, dans un second temps, en l'étranglant avec le câble du fer à repasser", rapporte le parquet.

Le quinquagénaire a ensuite expliqué "avoir glissé le corps sans vie de l'adolescent dans une housse mortuaire et avoir tenté de mettre fin à ses jours en s'allongeant lui-même dans une autre housse mortuaire à côté de son fils". Interrogé sur la provenance de ces sacs, il a affirmé les avoir récupérés sur son lieu de travail, à l'hôpital, "il y a plusieurs mois voire plusieurs années dans le but de protéger son frigo installé sur la terrasse de l'appartement".

Deux photographies envoyées à la famille

Le communiqué revient également sur le déroulé de la journée du 3 août. "Le 3 août 2026 à 14h53, les services de police recevaient un appel téléphonique d'un homme affirmant avoir tué son fils de 17 ans à son domicile situé 3 rue des Étoiles à Nice. Il indiquait également avoir l'intention de mettre fin à ses jours", écrit le parquet.

Quelques minutes plus tard, vers 15 heures, le père de famille a envoyé deux photographies sur les téléphones de ses beaux-parents et de son épouse, "l'une le représentant allongé dans une housse blanche, torse nu et les yeux ouverts, avec des marques de lacération ensanglantées au niveau du cou ; l'autre représentant le visage d'un adolescent, les yeux fermés, allongé dans une housse similaire remontée jusqu'au cou". C'est à la réception de ces clichés que la mère de l'adolescent a prévenu les services de police.

"À leur arrivée sur les lieux, les policiers découvraient sur un lit de l'appartement le corps sans vie d'un adolescent déposé dans une housse mortuaire. À ses côtés, son père reposait également dans une housse mortuaire après avoir tenté de se suicider en se tranchant la gorge", poursuit le ministère public. Le mis en cause, qui présentait une plaie de cinq centimètres au niveau cervical antérieur gauche, a été transporté à l'hôpital.

Une lettre retrouvée dans la salle de bains

Les fonctionnaires ont par ailleurs découvert une lettre dans la salle de bains du logement. Le père y expliquait avoir tué son fils et vouloir partir avec lui, imputant la responsabilité de ce "geste désespéré" à son épouse, qui avait décidé de le quitter.

En garde à vue, il a justifié son geste par "un coup de folie", survenu après avoir compris le matin du drame que sa femme ne rentrerait plus au domicile conjugal. Le parquet replace les faits dans leur contexte familial : "Sous réserve de l'évolution des investigations ultérieures, les faits semblent s'inscrire dans un contexte de séparation conjugale et de volonté de divorcer initiée par l'épouse du mis en cause, séparation manifestement non acceptée par ce dernier."

Une plainte pour violences conjugales deux jours avant les faits

L'épouse avait quitté le domicile conjugal peu de temps avant le drame. "La conjointe du mis en cause et mère de la jeune victime avait quitté le domicile conjugal peu de temps avant le drame et déposé une plainte le 1er août 2026 au commissariat de police de Nice pour des faits de violences conjugales et de harcèlement par conjoint", indique le communiqué. Soit deux jours avant la mort de l'adolescent.

Un magistrat du parquet et un médecin légiste se sont rendus sur les lieux le jour des faits. "Il ressortait des premières constatations médico-légales que le jeune homme de 17 ans serait décédé des suites d'une strangulation", précise le ministère public, qui a ordonné une autopsie. L'enquête est confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice. Une prise en charge par une association d'aide aux victimes a été mise en place au profit de la famille de la victime.