Le samedi 21 mars 2026 à 02:03
Ilyas Kherbouch, dit "Ganito", évadé de la maison d'arrêt de Villepinte le 7 mars dernier, a été interpellé ce vendredi 20 mars au soir à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), après près de deux semaines de cavale, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur le réseau social X, confirmant une information de RTL. Son arrestation, qui s'est déroulée sans incident, est intervenue le jour de ses 21 ans.
Le fugitif a été arrêté par les effectifs de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Perpignan et de Montpellier, ainsi que par la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF). Le parquet de Paris a confirmé son interpellation. "Félicitations à nos forces !", s'est réjoui Laurent Nuñez.
Spécialiste de "home-jacking", ces cambriolages commis en séquestrant les occupants d'un domicile, le jeune homme était connu de la justice pour de multiples faits de vols aggravés. Il était emprisonné pour purger quatre peines et placé en détention provisoire comme suspect dans deux autres affaires. Il a notamment été mis en examen en novembre 2025, soupçonné d'avoir commandité le cambriolage violent au domicile de l'ancien gardien de but du Paris Saint-Germain Gianluigi Donnarumma. Il est également accusé d'avoir menacé une petite main mise en cause dans ce dossier, qui s'est suicidée en prison.
Une évasion rocambolesque
Le 7 mars, trois personnes s'étaient présentées à la maison d'arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) en plein après-midi. Deux d'entre elles s'étaient fait passer pour des policiers venus extraire le détenu en garde à vue, avait relaté le parquet de Paris. Ilyas Kherbouch était alors sorti de prison en toute tranquillité. Le personnel pénitentiaire ne s'était inquiété de son absence que quarante-huit heures plus tard, soit la durée maximale d'une garde à vue.
"Je ne cherche en aucun cas à excuser ce qu'il a fait (…) mais la France a besoin de comprendre qu'il n'a jamais connu la liberté adolescent et qu'il n'était pas sûr de la connaître adulte. Ce besoin d'être libre, de tout être humain, a été plus fort", avait déclaré son avocate, May Sarah Vogelhut, à l'AFP. Depuis l'âge de 14 ans, le jeune homme n'a été que "un mois et demi" en liberté, avait-elle comptabilisé.
Deux complices présumés mis en examen
Son évasion a engendré l'ouverture d'une information judiciaire à Paris. Deux hommes, dont un mineur, ont été mis en examen le 11 mars. Le majeur, né en 1998 et résidant à Toulon (Var), est soupçonné de s'être fait passer pour un policier. Interrogé en garde à vue, il n'a pas répondu sur les faits. Il a été mis en examen pour évasion en bande organisée, association de malfaiteurs, corruption active ainsi que faux et usage de faux en écriture publique, faisant peser l'ombre de la corruption sur cette évasion.
Ces premières interpellations ont eu lieu de manière fortuite dans le XIIIe arrondissement de Paris, avant même que l'administration pénitentiaire ne se rende compte de l'évasion. C'est une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) qui, le 8 mars, a contrôlé un véhicule Peugeot et découvert dans un sac, un gyrophare, des brassards police, des menottes, une perruque blonde et deux fausses cartes de police. Sur ces documents figuraient deux photos : celle du conducteur du véhicule et celle d'une jeune femme portant une perruque blonde. Les enquêteurs soupçonnent que ces fausses cartes de police ont été utilisées par les complices présumés d'Ilyas Kherbouch.