L'Élysée perquisitionné dans l'enquête sur les cérémonies de panthéonisation

Les locaux de la présidence de la République ont été perquisitionnés pour la première fois depuis l'affaire Benalla. Le PNF enquête sur l'attribution des marchés liés aux cérémonies du Panthéon.
L'Élysée perquisitionné dans l'enquête sur les cérémonies de panthéonisation
Le palais de l'Élysée à Paris, le 6 septembre 2021. (Victor Velter / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 22 mai 2026 à 16:50

Une perquisition a été menée le jeudi 21 mai dans des locaux du palais de l'Élysée, dans le cadre de l'information judiciaire portant sur l'attribution des marchés publics liés à l'organisation des cérémonies d'entrée au Panthéon. L'opération a été conduite par deux juges d'instruction du pôle financier de Paris, comme l'a révélé Le Monde, et confirmée par le parquet national financier (PNF).

"Des opérations de perquisitions ont eu lieu le 21 mai dans des locaux de l'Élysée, dans le cadre de l'information judiciaire visant notamment les conditions d'attribution de certains marchés publics relatifs à l'organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN)", a précisé le PNF.

Cette information judiciaire a été ouverte en octobre 2025 pour "favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence". Au cœur des investigations figurent les conditions d'attribution de plusieurs marchés publics à la société Shortcut Events, chargée d'organiser ces grands événements pour la présidence de la République, sous l'égide du Centre des monuments nationaux.

Une première tentative avortée le 14 avril

Cette perquisition fait suite à une première tentative, le 14 avril au matin, qui avait échoué. Ce jour-là, les magistrats instructeurs étaient épaulés par le PNF et par des enquêteurs de la brigade financière et anticorruption de la Préfecture de police de Paris. Ils s'étaient alors vu opposer "une analyse selon laquelle l'article 67 de la Constitution emporterait l'inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République", avait expliqué le parquet financier. Le même jour, le Centre des monuments nationaux, les locaux de Shortcut Events et les domiciles de plusieurs personnes mises en cause avaient toutefois pu être perquisitionnés.

L'opération du 21 mai s'est, elle, déroulée différemment. "Ces opérations ont été précédées d'échanges institutionnels afin d'en permettre le déroulement", a indiqué le PNF.

En vertu de l'article 67 de la Constitution, le chef de l'État bénéficie d'une protection durant son mandat : il ne peut, devant aucune juridiction ou autorité administrative française, faire l'objet d'une action ou d'un acte d'instruction pour les actes accomplis en cette qualité. La dernière perquisition en date au palais présidentiel remontait à 2018, dans l'affaire Benalla, sous le premier mandat d'Emmanuel Macron.

Un marché remporté depuis vingt-deux ans

Le dossier est parti d'une enquête publiée en juin 2024 par Libération. Selon ce quotidien, Shortcut Events organise depuis vingt-deux ans l'ensemble des panthéonisations. Elle avait aussi été retenue pour les commémorations du 80e anniversaire du Débarquement, à Omaha Beach (Calvados), en 2024. Selon Le Canard Enchaîné, qui a révélé l'affaire, chaque panthéonisation a été facturée à l'État "autour de 2 millions d'euros".