Le mardi 3 novembre 2026 à 15:39
La mère d'élève de 36 ans soupçonnée d'avoir menacé avec une arme et frappé la directrice d'une école maternelle de Nice (Alpes-Maritimes) est en situation irrégulière depuis 2019 et assignée à résidence. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, l'a indiqué ce mardi à l'Assemblée nationale. Selon Nice-Matin, elle avait aussi été inscrite au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Placée en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour tentative de meurtre d'une personne chargée d'une mission de service public, elle a vu la mesure prolongée lundi soir.
Les faits se sont produits lundi matin à l'école maternelle Clément-Roassal, où sont scolarisés deux de ses enfants. La mise en cause a braqué la directrice dans son bureau pendant environ une heure, a actionné la détente de son arme sans qu'un coup ne parte et lui a posé un couteau sur la joue, avant de gifler une enseignante en quittant l'établissement. Elle accusait l'établissement de faits d'agressions sexuelles dont l'un de ses enfants aurait été victime. Les policiers l'ont interpellée à son domicile. L'arme n'a pas été retrouvée lors de la perquisition.
«Elle bénéficie de protections»
Laurent Nuñez a été interrogé sur cette affaire lors des questions au gouvernement. "Évidemment, cette agression est intolérable", a-t-il déclaré. Le ministre de l'Intérieur a retracé le parcours administratif de la suspecte. Une interdiction du territoire a été prononcée à son encontre en 2019, et elle a été reconduite en Tunisie pour des propos tenus à l'encontre de policiers. Elle a obtenu l'asile en Italie en 2022, puis a été interpellée de nouveau en France en 2023. D'après Nice-Matin, une nouvelle obligation de quitter le territoire français (OQTF) lui a alors été notifiée.
Elle est depuis assignée à résidence et se présente régulièrement au commissariat pour pointer, a précisé Laurent Nuñez. "Elle bénéficie de protections, étant parent d'un enfant français", a nuancé le ministre. Elle a la garde de ses deux enfants.
"Évidemment, cette agression est intolérable", affirme @NunezLaurent au sujet de l'école Clément-Roassal. La femme incriminée est en "situation irrégulière" depuis 2019. "Elle bénéficie de protections, étant parent d'un enfant français", nuance-t-il.
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Inscrite au FSPRT depuis 2019
D'après Nice-Matin, cette femme a fait l'objet d'un signalement en 2019, qui a conduit à son inscription au FSPRT. Créé en 2015, ce fichier recense les personnes signalées pour radicalisation et permet aux services habilités, notamment ceux du renseignement, d'échanger des informations et de coordonner leur suivi. Selon France Inter, la mère de famille est également connue du renseignement territorial.
Née en 1990, la suspecte a déclaré avoir la double nationalité tunisienne et italienne et a dit être aide-soignante. "Elle a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme en 2019", a précisé le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli. Selon Nice-Matin, elle a par ailleurs été victime d'une tentative de meurtre dans une affaire où son ancien compagnon est mis en cause. Ce dernier a été incarcéré dans ce dossier et se trouve aujourd'hui sous contrôle judiciaire. À ce stade, la mère de famille conteste tout fait de violences.
La directrice a repris son poste
La directrice a repris le travail dès mardi matin. Selon Nice-Matin, elle a raconté avoir senti le contact froid du canon sur son visage, ce qui laisse penser que l'arme n'était peut-être pas factice.
Dans un communiqué, le rectorat a indiqué que "des mesures de protection et d'accompagnement ont été mises en place". Une équipe mobile académique de sécurité est présente pour "renforcer la sécurisation de l'environnement scolaire", et un soutien psychologique est proposé aux personnels comme aux élèves. "La protection fonctionnelle a été immédiatement accordée aux deux personnels victimes des faits", a ajouté le rectorat, qui condamne "avec la plus grande fermeté" ces actes.
«Ça pourrait être moi»
L'agression a profondément choqué les enseignants du département. "La qualification qui est celle de tentative de meurtre heurte beaucoup nos collègues, tout le monde se dit mais ça pourrait être moi", a réagi sur France InterGilles Jean, secrétaire départemental du FSU-SNUipp. Selon lui, si les microagressions verbales, voire physiques, sont quotidiennes dans le département, une telle violence, "ce n'est pas commun". "L'école, on dit souvent que ça doit être un sanctuaire, ce n'est plus le cas aujourd'hui", a-t-il déploré.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé sur X qu'il se rendrait dans l'école en fin de semaine, pour "leur témoigner personnellement [son] soutien, ainsi qu'à l'équipe de l'école".