Le lundi 9 février 2026 à 13:42 - MAJ lundi 9 février 2026 à 13:58
Un mois après le suicide de Camélia, 17 ans, qui a mis fin à ses jours le 13 janvier en gare de Mitry-Mory (Seine-et-Marne), le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a annoncé ce lundi 9 février le classement sans suite de l'enquête. L'adolescente affirmait être victime de harcèlement dans son lycée. Les investigations, menées par le service local de police judiciaire (SLPJ) de Torcy, n'ont pas permis de corroborer ces accusations.
Deux enquêtes avaient été ouvertes par la justice : la première pour déterminer les causes de la mort de Camélia, la seconde pour "harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider". "Aux termes des investigations, je suis amené à considérer qu'il n'existe pas d'éléments suffisants pour rechercher la responsabilité pénale de quiconque dans la survenance du décès de Camélia et procède par conséquent à un classement sans suite", a déclaré le procureur lors d'une conférence de presse. "Aucun témoignage, ni du corps enseignant, ni des camarades, ni même parmi ceux-ci des plus proches de ses amis ne permettait de corroborer" des faits de harcèlement, a-t-il ajouté.
Une fausse conversation Snapchat à l'origine des tensions
Le procureur de Meaux a révélé une face encore méconnue de ce drame. Il apparaît que Camélia avait, début décembre, fabriqué de toutes pièces une fausse conversation sur l'application Snapchat, en usurpant l'identité de trois de ses camarades — un garçon et deux filles. Auprès d'une amie proche, l'adolescente avait expliqué "avoir réalisé cette fausse conversation, puis en avoir diffusé des screens sur la recommandation d'un ami, et ce dans le but de faire le tri entre ses vrais et ses faux-amis."Ces trois camarades sont précisément ceux qu'elle avait ensuite accusés de la harceler.
Jean-Baptiste Bladier a évoqué "une période de tension entre Camélia et plusieurs de ses camarades de classe et de lycée" entre la fin du mois de novembre 2025 et le début du mois de décembre 2025. Les camarades concernés avaient demandé des explications à Camélia, "dans des conditions ordinaires, sans prise à partie excessive, ni insulte, ni menace", a précisé le procureur. "Les témoignages unanimes et dans des termes dépourvus de toute ambiguïté ne permettaient pas de démontrer que la défunte avait été régulièrement victime de propos et/ou de comportement mal attentionné à son égard", a-t-il poursuivi. "Il en ressort plus sûrement qu'elle avait pu interpréter quelques faits ponctuels comme étant gênants pour elle alors qu'il n'avait pas été jugés comme tels par les autres lycéens présents."
L'établissement scolaire alerté à deux reprises
La mère de Camélia avait signalé le mal-être de sa fille le 12 décembre 2025, par e-mail, à l'établissement scolaire. À l'issue d'une rencontre avec l'adolescente et sa mère, les deux professeurs principaux de la classe avaient informé les enseignants de la situation et appelé à "leur vigilance". Les professeurs avaient également reçu la consigne "de ne pas séparer Camélia et sa meilleure amie" en cas de travail en groupe. Suite à un nouveau signalement de la mère le 9 janvier 2026, le proviseur avait reçu l'adolescente en présence de la conseillère principale d'éducation (CPE). Le 13 janvier, jour du suicide, des entretiens s'étaient poursuivis avec Camélia et quatre autres élèves. Selon le proviseur et la CPE, "l'entretien s'était déroulé dans un climat serein". L'adolescente devait toutefois faire l'objet d'une sanction disciplinaire en raison de la fausse conversation Snapchat.
Après cette décision du parquet de Meaux, la famille de Camélia pourrait déposer une plainte avec constitution de partie civile, ce qui pourrait conduire à de nouvelles investigations.
Si vous ou l'un de vos proches êtes confronté à des pensées suicidaires, vous pouvez contacter le 3114, le numéro national de prévention du suicide, où des professionnels sont disponibles 24h/24 et 7j/7 pour vous écouter et vous soutenir.