Le jeudi 15 janvier 2026 à 23:06
Camélia, une lycéenne de 17 ans, s'est donné la mort ce mardi 13 janvier en gare de Mitry-Mory (Seine-et-Marne). Scolarisée au lycée Honoré-de-Balzac, elle avait évoqué à sa famille un harcèlement scolaire, tandis que le parquet de Meaux a ouvert plusieurs enquêtes pour déterminer les circonstances exactes de son geste et les responsabilités éventuelles.
Les faits se sont produits mardi vers 16h50 en gare RER de Villeparisis–Mitry-le-Neuf. Selon les premiers éléments, la jeune fille s'est allongée sur les rails à l'arrivée du train, sous les yeux de plusieurs témoins. Les secours n'ont pas pu la sauver et elle est décédée sur place. Le conducteur, testé négatif à l'alcool et aux stupéfiants, n'a pas pu éviter la collision.
Selon les déclarations rapportées par la famille, le harcèlement qu'elle dénonçait remontait au mois de décembre. Le procureur de la République de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, a indiqué que "la défunte avait pu faire état, auprès de sa famille, de harcèlement scolaire sans qu'aucune plainte ou signalement n'ait été porté à la connaissance de la police ou du parquet". La famille a affirmé "qu'à la rentrée de janvier la situation ne s'était pas améliorée, bien que les élèves susceptibles d'être les auteurs des faits de harcèlement avaient été convoqués par la direction de l'établissement", a souligné le magistrat. Jean-Baptiste Bladier a également indiqué que la "jeune femme avait été elle-même convoquée par le chef d'établissement le jour de son décès" et qu'"au cours de cet entretien, l'intéressée avait été renvoyée à sa propre part de responsabilité dans les faits".
Deux autres enquêtes ouvertes
Le parquet a ouvert une enquête pour déterminer les causes de la mort, ainsi qu'une enquête préliminaire pour harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider, une infraction passible de dix ans de prison. D'autres volets se sont ajoutés après le décès. Jean-Baptiste Bladier a rapporté que "le personnel de direction de l'établissement est victime, notamment sur les réseaux sociaux, de menaces violentes, tandis que des rassemblements sont organisés devant le lycée, tant à l'initiative de la famille de la défunte, que de tiers". Il a ajouté que "d'autre part, des élèves susceptibles d'être impliqués dans les faits subis par la défunte sont eux-mêmes victimes de faits de harcèlement". Deux enquêtes supplémentaires ont donc été ouvertes, l'une pour menaces contre une personne exerçant une fonction publique, l'autre pour harcèlement moral.
Le procureur a également souligné "une possible instrumentalisation de ces faits humainement dramatiques" et rappelé que "les investigations démarrent à peine" et qu'elles seront "complexes". Une cellule psychologique a été mise en place au lycée Honoré-de-Balzac pour soutenir élèves et personnels.
«Tout le monde sait, mais tout le monde se tait»
Dans l'établissement, le choc est profond. Une élève de terminale, Laeticia, témoigne de la détresse ambiante et explique à RMC que "beaucoup de gens ont pleuré en apprenant son décès". Elle dit ressentir de la colère et estime que la situation était connue de certains, affirmant que "tout le monde sait, mais tout le monde se tait". Elle décrit aussi une adolescente isolée malgré des relations apparentes : "On parle d'une fille qui a des copines juste pour l'image". La lycéenne évoque enfin les rumeurs et propos dégradants qui circulaient autour de Camélia : "On sait qu'on lui tire dessus, qu'on répand des rumeurs sur elle".
Les services d'enquête poursuivent désormais leurs investigations, qui doivent déterminer avec précision la chronologie des faits, le rôle des différents protagonistes et les responsabilités éventuelles au sein de l'établissement comme parmi les élèves.