Éric Zemmour écope de 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine


Eric Zemmour le 25 avril 2017. (photo IP3 PRESS/MAXPPP)

Éric Zemmour a été condamné à 10 000 euros d’amende pour injure et provocation à la haine ce vendredi par le tribunal de Paris.

Le polémiste Éric Zemmour a été condamné à 10 000 euros d’amende ce vendredi pour ses déclarations visant l’Islam et l’immigration, le 28 septembre 2019 en ouverture d’une réunion baptisée « convention de la droite » et organisée par des proches de l’ex-députée du Front national (devenu RN), Marion Maréchal, indique Sud Ouest.

Le tribunal a estimé « qu’en distinguant parmi les Français l’ensemble des musulmans opposés aux « Français de souche » et en les désignant, ainsi que les immigrés musulmans vivant en France, non seulement comme des criminels auteurs des attentats de 2015 mais comme d’anciens colonisés devenus colonisateurs », les propos poursuivis « constituent une exhortation, tantôt implicite tantôt explicite, à la discrimination et à la haine à l’égard de la communauté musulmane et à sa religion« .

Des propos qui « outrepassent les limites de la liberté d’expression »

« Les opinions, même choquantes, doivent pouvoir s’exprimer, néanmoins les faits reprochés vont plus loin et outrepassent les limites de la liberté d’expression puisqu’il s’agit de propos injurieux envers une communauté et sa religion », a souligné la présidente de la 17e chambre correctionnelle.

Selon le tribunal, le discours d’Eric Zemmour avait été « préparé » et ses mots « choisis ». Ce dernier venait d’être condamné à 3000 euros d’amende pour des propos anti-musulmans quelques jours avant son discours. Concernant cette condamnation, Eric Zemmour a saisi la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).


« Je considère que le tribunal n’a pas fait une application juste de la loi et j’envisage de faire appel », a réagi l’avocat de M. Zemmour. L’homme âgé de 62 ans a par ailleurs été condamné à payer 1 euro de dommages et intérêts ainsi que 1500 euros au titre des frais de justice à 8 associations parties civiles, notamment la Ligue des droits de l’homme (LDH) et SOS Racisme.