Essonne : Un enfant de 11 ans impliqué de force dans un trafic de drogue à Longjumeau


Illustration. (ManuelEsteban/Shutterstock)

Ce sont des mères de famille qui ont tiré la sonnette d’alarme en dénonçant les violences subies par leurs enfants qui étaient contraints de participer à un trafic de stupéfiants.


Deux trafiquants, âgés de 17 ans et 18 ans, ont été déférés cette semaine devant la justice pour des faits relativement rares de « provocation d’un mineur de moins de 15 ans au trafic de stupéfiants », a indiqué le parquet d’Évry.

Ils sont soupçonnés d’avoir contraint, par la violence, un garçon de 11 ans à participer à un trafic de drogue qui sévit dans le quartier Rocade-Bel-Air, à Longjumeau (Essonne).

Recrutés à la sortie du collège

Deux mères de famille ont déposé plainte pour des violences volontaires en réunion commises contre leurs jeunes enfants, dans le courant de l’année 2018, relate Le Parisien. Les plaignantes dénonçaient le traitement infligé aux jeunes mineurs contraints de participer au fonctionnement d’un « plan stups » des quartiers Sud de Longjumeau.

L’enquête a permis aux policiers de découvrir que les trafiquants faisaient la sortie du collège Pasteur pour recruter de la main d’œuvre en tant que « guetteurs ou ravitailleurs », précise le parquet.


Certains mineurs séquestrés

D’après les investigations menées par les policiers, certains enfants acceptaient de travailler pour eux contre rémunération. D’autres, dont le jeune garçon de 11 ans, étaient enrôlés de force.

Les enquêteurs ont recensé une quinzaine de mineurs approchés par les trafiquants ces trois derniers mois, sur le secteur des Arcades. Les dealers n’hésitaient pas à employer la manière forte pour leur mettre la pression quitte à les séquestrer si nécessaire.

Face à la justice

Les deux mis en cause de 17 et 18 ans ont été interpellés à Longjumeau et Marcoussis, lundi et mardi. Le casier judiciaire du jeune majeur, déjà sous le coup d’une interdiction de se rendre à Longjumeau, fait mention d’une condamnation antérieure pour trafic de stupéfiants.

Alors que le procureur de la République avait requis son placement en détention provisoire, il a été laissé libre sous contrôle judiciaire et comparaîtra le 19 mars prochain au tribunal correctionnel d’Evry. Son acolyte n’était pas connu de la justice. Tous deux encourent jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.