Essonne : Un policier mis en examen à la suite d’un tir de LBD ayant éborgné un jeune homme


Illustration. (NeydtStock / Shutterstock)

Un jeune homme de 19 ans avait été blessé à l’œil par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) au cours d’un affrontement entre des jeunes d’un quartier sensible et des policiers.


Ce vendredi, le policier auteur du tir a été mis en examen. Il est soupçonné d’avoir éborgné le jeune homme, prénommé Adnane, à Brunoy (Essonne) dans la nuit du 22 au 23 février, a annoncé le parquet d’Evry. Une incapacité totale de travail (ITT) de 120 jours a été délivrée au jeune homme.

Le fonctionnaire est poursuivi pour « violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente » et le parquet a requis son placement sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer et interdiction de porter une arme.

Les policiers pris à partie

Les faits ont eu lieu samedi dernier vers 23 heures dans le quartier sensible des Hautes-Mardelles. Lorsque des policiers ont voulu procéder au contrôle d’identité d’un groupe d’individus, ces derniers ont pris immédiatement la fuite.

Les fonctionnaires ont alors saisi une chicha laissée sur place ainsi qu’un pass Navigo, suscitant la colère de jeunes qui cherchaient à les récupérer, relate franceinfo.



 
Les policiers ont alors été la cible de jets de projectiles, notamment des pavés. Après une brève accalmie, les affrontements ont repris un peu plus tard. À cette occasion, une dizaine d’assaillants s’en sont pris aux fonctionnaires venus en renfort pour ramener l’ordre dans le quartier. Ils avaient fait usage de tirs de grenades lacrymogènes et de LBD.

Un tir qui « ne semblait pas conforme », pour le parquet

C’est à ce moment-là que le jeune homme de 19 ans a été touché par le tir de LBD. Un témoin l’a conduit à l’hôpital mais il a finalement perdu un œil.

Le jeune homme de 19 ans a été éborgné. (DR)

« Les exploitations d’enregistrement vidéo ont mis en évidence que, contrairement aux déclarations du policier évoquant un tir de riposte à des violences, ce tir ne semblait pas conforme aux règles d’engagement de cette arme », a estimé vendredi le parquet qui s’est exprimé dans un communiqué. Le procureur de la République a aussi annoncé ouvrir une information judiciaire. C’est dans ce dossier que le fonctionnaire est mis en examen.

Une autre enquête, en parallèle, a été ouverte et confiée à la Sûreté départementale de l’Essonne. Elle vise les jets de projectiles sur les fonctionnaires.