Essonne : Verbalisé 25 fois pour non-respect du confinement, il écope d’une peine de prison avec sursis


Une verbalisation pour non-respect des règles de déplacement durant le confinement. (Twitter / @prefpolice)

Interpellé début avril après 11 verbalisations, le jeune homme a encore été verbalisé 14 fois jusqu’à son jugement ce vendredi à Evry-Courcouronnes (Essonne). Il a écopé d’une peine de prison avec sursis.


Un jeune homme de 18 ans, originaire de Grigny, a été verbalisé 25 fois depuis le début du mois d’avril pour le non-respect du confinement. Il a fait l’objet d’une comparution immédiate pour « réitération de violations de mesures de confinement », ce vendredi, devant le tribunal d’Evry-Courcouronnes, rapporte Le Parisien.

« Je n’avais plus de papier pour l’imprimer »

Le prévenu a tenté de convaincre les magistrats qu’il était de bonne foi, un exercice périlleux au vu du nombre d’infractions relevées. « Parfois je remplis l’attestation, sauf les fois où on m’a attrapé », a-t-il maladroitement déclaré, ajoutant, en parlant de l’attestation de sortie dérogatoire : « je n’avais plus de papier pour l’imprimer ».

Lorsque le président lui a fait remarquer qu’une attestation électronique existait, le prévenu a répondu qu’il venait de l’apprendre.

Verbalisé plus d’un jour sur deux

Le jeune homme, au casier judiciaire vierge et scolarisé en BAC professionnel, a adopté un comportement qui tranche avec son profil. Les policiers, habitués à le contrôler et à le verbaliser, ont décrit le jour du 8 avril où le prévenu qui se trouvait à Grigny 2 et qu’il a alerté les alentours de leur arrivée. Ils ont précisé que le trafic de stupéfiants se poursuivait dans le quartier malgré le confinement.


Le lendemain, alors qu’il comptait déjà 11 verbalisations, le jeune homme avait été interpellé et placé en garde à vue pour cette succession de mêmes infractions. « Il avait été convoqué par un officier de police judiciaire (COPJ) », précise le parquet d’Evry-Courcouronnes. Toutefois cette première procédure n’a pas eu l’effet escompté : 14 verbalisations se sont succédées à partir du lendemain et jusqu’au 23 avril.

Le parquet requiert des TIG, le tribunal le condamne à de la prison avec sursis

« Une fois, deux fois, ça passe, mais vingt-cinq fois, c’est que Monsieur n’en a rien à faire », s’est agacé le ministère public, ajoutant que le prévenu se dit asthmatique et que sa mère a la santé fragile, relate le quotidien francilien. La procureure a aussi tenté de lui faire entendre raison, en lui rappelant que le confinement a aussi vocation à le protéger et à protéger ses proches.

Le ministère public a requis une peine de travaux d’intérêt général (TIG), à la grande satisfaction de l’avocat de la défense. Mais le tribunal n’a pas suivi ces réquisitions et a condamné le prévenu à 3 mois de prison avec sursis. En cas de récidive, le condamné pourrait être confiné de force derrière les barreaux.