États-Unis : Uber admet le signalement d’environ 6 000 agressions sexuelles en deux ans


Illustration. (Tero Vesalainen / Shutterstock)

La fameuse plateforme de service de réservation de voitures avec chauffeur en ligne est dénoncée pour sa mauvaise volonté dans la gestion de ce problème.

Durant des années la firme Uber a refusé de chiffrer le phénomène, provoquant un flot de critiques à son égard. L’entreprise vient d’opérer un virage à 180 degrés dans sa communication sur le sujet. Dans un rapport de 84 pages sur la sécurité publié ce jeudi, elle mentionne avoir reçu 5 981 signalements d’agressions sexuelles. Il s’agit d’attouchements sexuels, de tentatives d’agression et de viols rapportés par des utilisateurs, des chauffeurs de son service ou des tiers, sur le territoire américain en 2017 et 2018. Le rapport fait également état de 19 homicides sur la période, rapporte CNN.

Un « reflet de la société »

« Ces incidents ont été signalés sur 0,00002% des courses. Bien que rares, ces signalements représentent tous un individu qui a partagé une expérience très douloureuse. Même un seul signalement serait un signalement de trop » indique Uber, évoquant le nombre de près de 4 millions de trajets sur Uber aux Etats-Unis cette année.

« #UberCestOver » (Uber c’est terminé)

Si ce rapport vise à rassurer les utilisateurs du service et mettre en lumière les efforts entrepris pour lutter contre ces menaces, pas sûr que cela soit suffisant. En France, les témoignages de victimes d’agressions lors de voyages en Uber se multiplient depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Un mot-clé les regroupe : « #UberCestOver » (Uber c’est terminé).

Une procédure discrète de médiation avant mai 2018

Le changement radical de la gestion des agression sexuelles s’est opéré en mai 2018. Avant cette date, Uber obligeait ses clients, employés et chauffeurs à régler le problème par une procédure de médiation, beaucoup plus discrète qu’une procédure judiciaire, relate France Info.

Désormais, un bouton d’urgence figure dans l’application. Il permet de signaler un problème pendant le trajet. D’autre part, Uber a amélioré le système de déclaration du chauffeur sur son réseau pour endiguer le phénomène d’usurpation d’identité des conducteurs. Enfin, la firme a renforcé les contrôles pour détecter les personnes déjà condamnées. Les avocats des victimes d’agressions jugent toutefois ces mesures inefficaces.