Évacuation de migrants à Paris : le parquet ouvre deux enquêtes visant des policiers pour violences


Un policier a fait un croche-pied à un homme qui serait un migrant. (capture écran vidéo @Anth_Yn)

Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris pour « violences par personnes dépositaire de l’autorité publique », après l’évacuation de quelques centaines de migrants de la place de la République ce lundi soir.

Des policiers sont accusés de violences illégitimes lors de l’évacuation de plusieurs centaines de migrants, de la place de la République. L’opération de police a duré plusieurs heures et de nombreuses vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Sur l’une d’elle, on aperçoit un homme qui est stoppé par les policiers, puis qui part dans la direction ordonnée par les forces de l’ordre, avant qu’un autre fonctionnaire lui fasse un croche-pied, le faisant chuter au sol.

Le parquet de Paris a annoncé ce mardi après-midi qu’une enquête pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique » avait été ouverte concernant cette affaire. Selon des sources policières, le fonctionnaire en cause serait le commissaire de police en charge de la Brigade anticriminalité de nuit de la Seine-Saint-Denis (BAC 93N).

Un journaliste brutalisé

Une seconde enquête a été ouverte du même chef par le parquet de Paris, qui l’a annoncé dans la soirée. Elle concerne des violences exercées sur le journaliste de Brut Remy Buisine. Sur plusieurs vidéos, il est possible de voir qu’il est molesté par un policier et mis au sol. « Troisième fois de la soirée par le même policier. Pris à la gorge la première fois, violemment projeté là seconde fois… et ça… c’est vraiment dur ce soir…« , a-t-il décrit sur Twitter ce lundi soir, peu après les faits.

Le média Brut a également réagi expliquant que son journaliste a été « molesté à plusieurs reprises par un policier alors qu’il couvrait pour Brut l’évacuation violente de personnes migrantes par les forces de l’ordre ». « Nous allons demander des explications à la Préfecture de Police et au Ministère de l’Intérieur », a indiqué le média digital.

Une enquête de l’IGPN

Plus tôt dans la journée, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé l’ouverture d’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), évoquant « plusieurs faits inacceptables ». « J’ai demandé à l’IGPN de remettre ses conclusions sous 48h et les rendrai publiques », a précisé le ministre.