Alès : Deux balles de 9 mm et une lettre signée de la DZ Mafia visant le maire, ce que l'on sait

Deux balles de calibre 9 mm et une lettre de revendication signée de la DZ Mafia : voilà ce qu'a découvert l'épouse du maire d'Alès dans la boîte aux lettres du domicile familial. Une compagnie de CRS a été déployée dans la ville et une enquête ouverte.
Alès : Deux balles de 9 mm et une lettre signée de la DZ Mafia visant le maire, ce que l'on sait
La ville d'Alès. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le samedi 18 juillet 2026 à 14:33

Le maire d'Alès (Gard), Christophe Rivenq (LR), fait l'objet de menaces de mort émanant d'individus se revendiquant de la DZ Mafia, un groupe criminel marseillais. Deux balles de calibre 9 mm, accompagnées d'une lettre de revendication, ont été retrouvées dans sa boîte aux lettres, tandis que des tags injurieux ont été découverts sur le mur de son domicile. L'affaire, qui a pris un retentissement national, a entraîné le déploiement d'une compagnie de CRS dans la commune et l'ouverture d'une enquête, dans un contexte de flambée du narcotrafic dans la ville.

Le pli a été découvert par l'épouse de l'élu, ce jeudi 16 juillet vers 18h30, dans la boîte aux lettres du domicile familial. L'enveloppe, signée "DZNG", contenait deux balles de calibre 9 mm. Elle a eu la présence d'esprit de ne pas l'ouvrir et a prévenu la police, qui a récupéré le pli. Sur la lettre de revendication figurait la mention "DZ NG CVN La direction", le sigle "CVN" faisant référence au quartier des Cévennes, à Alès, fief du groupe criminel. Des inscriptions injurieuses ont par ailleurs été retrouvées sur le mur de l'habitation.

Dès jeudi soir, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a téléphoné à Christophe Rivenq. L'édile a par ailleurs été contacté par l'Élysée, selon Le Monde. Pour renforcer la présence policière, une compagnie de CRS, la CRS 84, a été déployée dans la commune pour le week-end. L'élu a toutefois décliné l'offre de protection rapprochée formulée par la place Beauvau.

Le lien avec la DZ Mafia pas encore établi

Une enquête pour "menaces de mort et intimidation" visant un élu a été ouverte. Elle est pilotée par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, tandis que le commissariat d'Alès et la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) du Gard ont été saisis. Le procureur de la République d'Alès, Abdelkrim Grini, se montre prudent, le lien direct avec l'organisation marseillaise n'ayant pas été établi à ce stade. "Rien ne permet pour le moment d'identifier avec certitude les auteurs de ces menaces signées DZ NG", a-t-il affirmé à nos confrères.

Réélu en mars dernier, Christophe Rivenq, réputé pour ses prises de position publiques contre le narcotrafic, s'est dit déterminé à poursuivre son action, tout en confiant son inquiétude pour ses proches. "Il n'est pas question pour moi de céder à ces pressions, et nous allons poursuivre nos actions avec le parquet", a-t-il assuré auprès du Monde.

Une commune gangrenée par le narcotrafic

D'après les enquêteurs, le groupe criminel s'est implanté dans la ville à partir de l'été 2025, principalement dans le quartier des Cévennes. Depuis, les faits de violence liés au trafic de stupéfiants s'y sont multipliés. Le 3 juin, un homme de 18 ans a été tué par balle dans le quartier des Prés-Saint-Jean. Le parquet de Nîmes avait alors ouvert une enquête du chef de meurtre aggravé par la circonstance de bande organisée. Deux autres hommes avaient déjà été tués par balle dans la commune, l'un âgé de 22 ans en octobre 2025, l'autre en janvier 2026. Au cours des mois de mai et juin, la commune a aussi été le théâtre de plusieurs tirs, dont un épisode à la Kalachnikov.

Selon le préfet du Gard, Jérôme Bonet, la lutte coordonnée menée par la police nationale, la police municipale, la préfecture et la justice aurait fait bondir de 70 % les interpellations liées au trafic sur les six premiers mois de l'année, comparé à 2025, le nombre d'écrous passant de 29 à 68 sur la même période.

Une organisation aux visées expansionnistes

La signature "Nouvelle Génération" est apparue pour la première fois le 17 janvier, sur des tags découverts à Bassens, dans les quartiers nord de Marseille, un signe interprété par les enquêteurs comme une recomposition du pouvoir au sein du groupe, soulignent nos confrères. Si l'enquête confirme le lien, ce serait la deuxième fois qu'un responsable politique est directement pris pour cible par la DZ Mafia. En novembre 2025, l'organisation avait déjà été mise en cause dans l'assassinat de Mehdi Kessaci, frère du militant antidrogue et élu municipal marseillais Amine Kessaci.