Amiens : Une dizaine de policiers intoxiqués par l'eau du robinet dans leur commissariat neuf

Contaminée par une bactérie, l'eau du nouvel hôtel de police d'Amiens a été coupée en urgence. Une dizaine de fonctionnaires sont tombés malades depuis la livraison du bâtiment, en janvier. Les robinets étaient raccordés au circuit de récupération des eaux de pluie.
Amiens : Une dizaine de policiers intoxiqués par l'eau du robinet dans leur commissariat neuf
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 31 août 2026 à 16:35

Les policiers de l'hôtel de police d'Amiens, dans la Somme, ne peuvent plus boire l'eau du robinet ni se laver les mains dans leur bâtiment pourtant neuf, livré en janvier dernier. Le réseau d'eau, contaminé, a été déclaré impropre à la consommation et coupé en urgence. Au moins une dizaine de fonctionnaires sont tombés malades, a appris Actu17. En cause : une inversion des vannes lors de la construction, qui a envoyé l'eau de pluie vers les robinets et l'eau potable vers les chasses d'eau.

Des affiches "Alerte ! Eau non-potable" ont été placardées sur toutes les portes du commissariat. Les consignes sont sans ambiguïté : ne pas boire, ne pas se laver les mains, ne pas se doucher, ne rien laver. L'eau a été coupée dans l'ensemble du bâtiment le jeudi 27 août, pour les fonctionnaires comme pour les visiteurs, souligne Ici Picardie. Des bouteilles d'eau et du gel hydroalcoolique sont depuis distribués aux agents, un dispositif qui devrait rester en place plusieurs jours encore.

Une dizaine de policiers malades

Une dizaine de policiers ont été touchés, selon le syndicat de police Un1té, qui fait état de maux d'estomac, de diarrhées et d'une forte fatigue pendant trois à quatre jours. "On est en colère, parce qu'on aurait pu éviter une dizaine de malades. C'est ce qu'on a recensé aujourd'hui, il y en a peut-être plus", a déclaré à TF1 InfoStéphane Fievez, secrétaire départemental de l'organisation. Le décompte pourrait être plus élevé, les usagers de passage ayant eux aussi été exposés. "Il y a nos collègues, mais il y a aussi les personnes qui sont de passage, qui sont venues tout simplement déposer plainte, faire une mention de main courante ou autre", a-t-il rappelé.

Les analyses reçues le 27 août ont révélé des taux de bactéries très élevés. Les services de l'État ont confirmé à Ici Picardie que les résultats avaient "mis en évidence sur le point contrôlé une non-conformité de l'eau qui est actuellement considérée comme impropre à la consommation". Il s'agirait de la bactérie Escherichia coli, une information que le syndicat dit tenir de la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN). En février, un premier contrôle n'avait pourtant rien décelé d'anormal.

Les robinets branchés sur l'eau de pluie

L'origine du problème remonte au chantier. Le circuit de récupération des eaux pluviales a été branché sur les robinets du bâtiment, quand l'arrivée d'eau potable, elle, a fini raccordée aux toilettes. "Il y a eu une inversion des vannes entre celle de récupération d'eau de pluie qui alimente le système de chasse d'eau et la vanne du réseau d'eau potable. Ça paraît fou mais c'est tombé sur le commissariat", a déploré Stéphane Fievez auprès d'Ici Picardie. La préfecture de la Somme met en cause les entreprises : "cette situation inacceptable due à la défaillance d'entreprises intervenantes fait l'objet des diligences requises et les mesures nécessaires ont été engagées afin de rétablir dans les meilleurs délais une eau propre à la consommation".

Des alertes avaient pourtant été lancées à plusieurs reprises. Depuis plusieurs semaines, les policiers signalaient à leur hiérarchie une eau "trouble et jaunâtre" au robinet, selon Un1té, des alertes relayées par la presse régionale. En juin, alors qu'une canicule frappait le pays, elle a même viré au marron.

Une désinfection totale des canalisations

Une société est intervenue le 27 août afin de procéder aux travaux nécessaires et à l'examen de tous les points d'eau, a indiqué la préfecture. Une réunion de crise s'est tenue le lendemain après-midi, le vendredi 28 août. Les opérations de désinfection totale des canalisations doivent débuter ce mardi 1er septembre, en même temps que de nouvelles analyses. "Les résultats devraient arriver sous 24 à 48 heures et c'est un cabinet d'audit qui donnera ou non son accord pour rouvrir le réseau d'eau", a précisé le secrétaire départemental d'Un1té.

Ce nouvel hôtel de police accumule les déboires. Le bâtiment avait déjà connu de gros problèmes de chaleur dans les bureaux cet été. Huit mois après son ouverture, il n'est toujours pas pleinement opérationnel. Le chantier avait par ailleurs été marqué par des retards de paiement de l'État aux entreprises intervenantes, qui ont écopé de pénalités, selon TF1 Info.