Le député LFI Sébastien Delogu placé en garde à vue

Trois jours après l'altercation avec des fonctionnaires venus interpeller son voisin de palier, le député de La France insoumise est interrogé par les enquêteurs ce jeudi. Les policiers et l'élu ont porté plainte chacun de leur côté.
Le député LFI Sébastien Delogu placé en garde à vue
Sébastien Delogu à Paris, le 9 juillet 2024. (Victor Velter / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 27 août 2026 à 15:49 - MAJ jeudi 27 août 2026 à 18:17

Le député de La France insoumise (LFI) Sébastien Delogu a été placé en garde à vue ce jeudi 27 août dans l'après-midi à Marseille. L'élu est soupçonné d'avoir outragé trois policiers ce lundi, alors que les fonctionnaires intervenaient dans son immeuble. Les trois agents ont déposé plainte.

"Le parquet de Marseille confirme le placement en garde à vue de Sébastien Delogu dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique", a indiqué le ministère public en réponse à une question de l'AFP.

L'enquête a été confiée aux policiers de la Division de la criminalité territoriale (DCT).

Ce que reprochent les trois policiers

L'affaire remonte au lundi 24 août, dans l'immeuble du 2e arrondissement marseillais où réside Sébastien Delogu. Trois fonctionnaires du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC), en tenue civile, s'y étaient rendus une première fois dans la matinée pour une enquête de voisinage, sans trouver l'homme recherché, et le député avait alors été en contact téléphonique avec eux. Ils sont revenus vers 15h30 pour interpeller le voisin de palier de l'élu, soupçonné du vol d'une montre de luxe.

Dans leur plainte pour outrage, que nous avons pu consulter, les policiers affirment avoir été empêchés d'entrer dans le bâtiment par le député, qui leur aurait indiqué avoir prévenu le mis en cause de leur venue. Il aurait fait barrage de son corps et traité les agents à deux reprises de "trou du cul". Les plaignants lui prêtent également la formule "la République, c'est moi". Le suspect a finalement été interpellé sans difficulté.

La version du député, à rebours de celle des fonctionnaires

Le parlementaire donne une tout autre version et a déposé plainte contre X pour "violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police". Il assure avoir eu affaire à un homme en civil, sans signe distinctif, qui ne lui aurait jamais présenté la carte professionnelle qu'il réclamait. Le fonctionnaire l'aurait insulté, puis aurait "appuyé son poing fermé contre [sa] poitrine et exercé une poussée violente". L'élu de 39 ans réclame la saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). Son avocat, Me Yonès Taguelmint, conteste la formule "la République, c'est moi" et souligne que l'altercation n'a opposé son client qu'à un seul des trois policiers.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a apporté son soutien aux forces de l'ordre dans un message sur X, rappelant que les policiers intervenaient pour interpeller l'auteur d'un vol en flagrance.