Le mardi 25 août 2026 à 12:49
Un homme jugé en comparution immédiate pour un refus d'obtempérer au cours duquel quatre policiers de la brigade anticriminalité (BAC) ont été blessés a été condamné à 3 ans et 10 mois d'emprisonnement ferme, ce lundi 24 août, par le tribunal judiciaire de Lyon. Le prévenu n'était pas présent pour entendre la décision : il avait pris la fuite avant le délibéré. Un mandat d'arrêt a été délivré à son encontre et il était toujours recherché ce mardi matin.
Le conducteur a profité d'une interruption de séance, en fin d'audience, pour quitter les lieux, selon nos informations. Le délibéré a été rendu en son absence, à 21h30.
Condamné sur l'ensemble des infractions
Le tribunal l'a déclaré coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés, y compris celles qu'il contestait à l'audience, dont la plus grave : les violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique avec arme. Il a été condamné à 3 ans et 4 mois d'emprisonnement ferme, auxquels s'ajoute la révocation, à hauteur de six mois, du sursis dont il bénéficiait pour une précédente condamnation. La juridiction a également prononcé une interdiction d'éligibilité pendant cinq ans et une interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur durant trois ans.
Le contrôle judiciaire décidé par le JLD en question
À l'issue de sa garde à vue, vendredi 21 août, le juge des libertés et de la détention (JLD) avait placé l'homme sous contrôle judiciaire dans l'attente de sa comparution, et non en détention provisoire. Une décision que dénonce l'avocate des policiers blessés. "Si le prévenu avait été placé en détention dans l'attente de sa comparution 3 jours après, nous n'en serions pas là", déclare Me Pauline Ragot à Actu17. "La décision du JLD de placer un individu multirécidiviste et accusé de faits aussi graves sous simple contrôle judiciaire est lunaire. La fuite du prévenu à l'issue de l'audience en est la résultante directe et c'est affligeant".
Alliance Police Nationale fait le même constat dans un communiqué publié sur Facebook. Pour le syndicat, présent au tribunal aux côtés des fonctionnaires, la fuite du condamné "pose également la question du placement en détention provisoire". "S'il avait été placé en détention par le juge des libertés et de la détention, il aurait été incarcéré", écrit l'organisation, qui dit ne pas douter qu'il sera "vite interpellé".
Sur le fond du dossier, l'avocate salue en revanche la fermeté du tribunal. "Hier soir, nous avons été réellement entendus par la Justice, qui a pris la mesure de l'extrême gravité des faits commis contre ces courageux représentants de l'autorité publique et de la dangerosité de cet individu. Ce n'est pas si courant et nous ne pouvons que le saluer", estime Me Pauline Ragot. La constitution de partie civile des quatre fonctionnaires a été déclarée recevable et l'affaire a été renvoyée sur les intérêts civils au 12 janvier prochain, à la demande de leur conseil, afin de chiffrer précisément les préjudices.
Une voiture volée lancée à contresens sur un véhicule de la BAC
Les faits se sont produits dans le 7e arrondissement de Lyon, au cours de la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 août. Une Renault Clio signalée volée, occupée par trois hommes cagoulés et gantés, a attiré l'attention d'un équipage de police secours peu avant 2 heures du matin, avenue Tony-Garnier. Le conducteur ne s'est pas arrêté et a accéléré. Une patrouille de la BAC s'est portée en renfort à bord d'un véhicule banalisé, qui a été percuté aux abords de la halle Tony-Garnier par la Clio, alors lancée en sens interdit. Le flanc arrière de la voiture de police a été touché, malgré une manœuvre d'évitement du policier conducteur.
Les quatre fonctionnaires ont été blessés et conduits à l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc, se plaignant notamment de douleurs dorsales et cervicales. Deux d'entre eux se sont vu prescrire quatre jours d'incapacité totale de travail (ITT), leurs collègues respectivement un et trois jours. Les trois occupants du véhicule, âgés de 19, 25 et 32 ans, se sont rebellés une fois la voiture immobilisée avant d'être maîtrisés et interpellés. Le conducteur, bien connu des services de police et de la justice, n'était pas titulaire du permis de conduire, avait consommé de l'alcool et a été testé positif à la cocaïne et au cannabis. Ses deux passagers doivent, eux, être jugés séparément en juillet 2027.