Mort de Sonia Bellina : un homme mis en examen et écroué, il portait un bracelet anti-rapprochement

Une expertise ADN a identifié la victime, Sonia Bellina, une influenceuse de 29 ans domiciliée à Nîmes, dont le corps partiellement calciné a été retrouvé le 12 août entre des rangs de vignes. Un suspect de 32 ans, au lourd passé judiciaire, a été mis en examen et écroué ce vendredi.
Mort de Sonia Bellina : un homme mis en examen et écroué, il portait un bracelet anti-rapprochement
Sonia Bellina était âgée de 29 ans. (Famille)
Par Actu17
Le vendredi 21 août 2026 à 17:46

Un homme de 32 ans a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire dans l'enquête sur la mort de Sonia Bellina, l'influenceuse de 29 ans dont le corps partiellement calciné a été découvert le 12 août dans des vignes à Saint-Gilles, dans le Gard. La procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac, l'a annoncé ce vendredi 21 août dans un communiqué. L'autre homme interpellé deux jours plus tôt a, lui, été remis en liberté.

Les deux interpellations ont été menées par la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Nîmes, en lien avec le groupement de gendarmerie du Gard. "Les investigations diligentées par les militaires de la section de recherches de Nîmes en lien avec les gendarmes du groupement du Gard permettaient au terme d'une semaine d'enquête, par le biais de recoupements divers menés avec une grande diligence, de procéder à l'interpellation de deux personnes placées en garde à vue, dont l'une était relâchée au terme des premières vérifications", détaille la magistrate. "Le second individu était quant à lui déféré au terme de sa garde à vue et mis en examen par le magistrat instructeur saisi de faits d'assassinat", poursuit le parquet, qui fait état de son placement en détention provisoire.

La perquisition menée chez l'homme remis en liberté a par ailleurs donné lieu à une découverte inattendue. Elle "permettait incidemment de découvrir et de saisir une arme qui était sans lien avec le déroulement des faits, et qui fait l'objet d'une procédure distincte", précise le communiqué.

Un rendez-vous la nuit des faits

Ce qui est reproché au mis en examen tient à sa présence auprès de la victime peu avant sa mort. Il "était mis en cause pour avoir eu un contact avec la victime, entre temps identifiée comme étant une influenceuse active sur les réseaux sociaux, peu de temps avant les faits", écrit Cécile Gensac. "Divers éléments pouvaient laisser suspecter qu'il était son dernier contact, dans le cadre d'une rencontre en qualité d'escort-girl sur rendez-vous la nuit des faits, après un premier contact la nuit précédente. Rien n'établissait de relation autre que tarifée entre eux."

Devant les militaires, l'homme n'a que partiellement répondu. "S'il reconnaissait avoir eu une relation la nuit des faits et la veille avec la victime, il refusait de fournir plus d'explications lors des auditions suivantes en garde à vue, s'en remettant à son droit au silence dans l'attente que son avocat ait accès à la procédure", indique le communiqué. La même attitude a prévalu devant le juge d'instruction : "Il faisait de même devant le magistrat instructeur qui le mettait en examen du chef d'assassinat, en récidive légale pour avoir déjà été condamné à des faits de trafic de stupéfiants."

Un bracelet anti-rapprochement

Le profil judiciaire du suspect est décrit comme lourd par le parquet. "Le mis en cause, âgé de 32 ans, au passé judiciaire chargé depuis 2010 pour des comportements violents et en lien avec les stupéfiants notamment, était domicilié depuis fin décembre 2024 dans le Gard", écrit la procureure.

En décembre 2023, il a été condamné à une peine mixte de prison puis de suivi par le juge d'application des peines, pour des violences conjugales commises dans le Nord. Une sanction "lui valant d'être porteur au moment des faits d'un bracelet anti-rapprochement afin de préserver son ex-compagne domiciliée à 800 kilomètres, sur le ressort du tribunal judiciaire de Lille ayant prononcé la condamnation". Depuis son installation dans le Gard, "il travaillait et était suivi par le service pénitentiaire d'insertion et de probation du Gard", ajoute le communiqué.

Les causes du décès toujours indéterminées

À ce stade, les circonstances exactes de la mort de la jeune femme restent inconnues. "L'autopsie ne permettait pas de déterminer les causes du décès et des examens scientifiques complémentaires étaient requis à cette fin. Les résultats ne sont pas encore connus. Il semblait cependant que le décès ait pu survenir avant l'incendie du corps", indique la magistrate.

C'est un ouvrier agricole qui a donné l'alerte au petit matin du mercredi 12 août. Les gendarmes de la compagnie de Nîmes avaient alors été informés qu'il venait de découvrir, en arrivant sur site, "un corps calciné gisant entre des rangs de vignes" à Saint-Gilles, commune située à une vingtaine de kilomètres au sud de Nîmes. Les premières constatations avaient mis en évidence "la présence d'un corps de femme totalement dénudé et partiellement calciné". Une enquête avait aussitôt été ouverte du chef de meurtre aggravé, confiée au groupement de gendarmerie du Gard et à la section de recherches de Nîmes, un magistrat du parquet se rendant immédiatement sur place. Une expertise ADN a permis, mercredi, de confirmer l'identité de la victime.

Une instruction ouverte

L'affaire est désormais entre les mains du juge d'instruction. "Il appartient désormais au magistrat instructeur de poursuivre les investigations afin de déterminer avec précision les causes, l'imputabilité et le déroulement des faits, en lien avec la famille qui pourra se constituer partie civile et a été mise en contact avec l'association d'aide aux victimes", conclut Cécile Gensac.

Les proches de la jeune femme ont par ailleurs engagé une riposte judiciaire face au déferlement de publications sur les réseaux sociaux depuis la découverte du corps, entre rumeurs sur sa vie privée et messages hostiles. Mardi 18 août, Maître Mourad Battikh, l'avocat saisi par la famille, a annoncé des signalements aux plateformes et à PHAROS, des demandes d'identification des auteurs ainsi que des plaintes devant les juridictions civiles et pénales.