Le vendredi 21 août 2026 à 13:34 - MAJ vendredi 21 août 2026 à 14:45
Quatre policiers ont été blessés lors d'un refus d'obtempérer qui s'est soldé par une violente collision, dans le 7e arrondissement de Lyon, au cours de la nuit du mercredi 19 au jeudi 20 août. Une voiture signalée volée, occupée par trois hommes cagoulés et gantés, a percuté le véhicule des fonctionnaires alors que le chauffard, alcoolisé et drogué, circulait à contresens. Les trois occupants ont été interpellés. Le syndicat Alliance Police Nationale Auvergne-Rhône-Alpes y voit une tentative d'homicide.
Une Renault Clio a attiré l'attention d'un équipage de police secours peu avant 2 heures du matin, avenue Tony-Garnier, selon une source proche de l'affaire. Le véhicule était signalé volé. Les fonctionnaires ont tenté de procéder au contrôle de ses trois occupants, mais le conducteur ne s'est pas arrêté et a accéléré. Les trois suspects portaient des cagoules et des gants, d'après le syndicat Alliance Police Nationale dans un communiqué sur Facebook.
Un véhicule de la BAC percuté à contresens
Une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) s'est portée en renfort à bord d'un véhicule banalisé. La Clio, qui circulait en sens interdit, l'aurait alors percutée de façon délibérée aux abords de la halle Tony-Garnier, là où l'avenue du même nom croise l'avenue Debourg. Le flanc arrière de la voiture de police a été impacté. "Si notre collègue conducteur n'avait pas réalisé, dans l'urgence, une manœuvre d'évitement salvatrice, le bilan aurait pu être tout autre", estime Alliance Police Nationale.
Les quatre policiers de la BAC qui se trouvaient dans la voiture ont été blessés, et non seulement deux comme nous l'indiquions initialement. Ils ont été conduits à l'hôpital Saint-Joseph Saint-Luc. Ils se plaignent de douleurs dorsales et cervicales notamment. Selon nos informations, deux d'entre eux se sont vu prescrire quatre jours d'incapacité totale de travail (ITT), leurs collègues respectivement un et trois jours.
«Les policiers s'en sont sortis miraculeusement», affirme leur avocate
Le conducteur et ses passagers se sont rebellés une fois le véhicule immobilisé, avant d'être maîtrisés. Âgés de 19, 25 et 32 ans, ils ont tous les trois été interpellés. Le conducteur n'était pas titulaire du permis de conduire. Il avait en outre consommé de l'alcool au moment des faits et a été testé positif à la cocaïne et au cannabis. L'homme, bien connu des services de la justice, doit être déféré ce vendredi après-midi et jugé en comparution immédiate lundi. Il est poursuivi pour refus d'obtempérer avec mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique avec arme, vol, rébellion et conduite sans permis et sous stupéfiants, d'après une deuxième source proche de l'affaire.
"Nous ne sommes plus ici sur une volonté d'échapper à la police ou de se soustraire à l'autorité mais de neutraliser purement et simplement des policiers !", déplore Me Pauline Ragot, l'avocate des quatre agents blessés. "C'est inadmissible et cela va devoir être sanctionné très fermement quand bien même les courageux fonctionnaires de la BAC s'en sont sortis miraculeusement — mais blessés — grâce au réflexe salvateur du policier conducteur".
«Une volonté délibérée de faire mal ou de tuer», selon Alliance
Dans son communiqué, le syndicat a détaillé les éléments qui, selon lui, caractérisent l'intention des mis en cause : les policiers avaient actionné leur gyrophare et leur deux-tons au moment des faits. "Cagoulés, gantés, à bord d'une voiture volée, les auteurs ont foncé délibérément et à contresens sur nos collègues de la BAC", a écrit Alliance Police Nationale, pour qui "tout indique une volonté délibérée de faire mal ou de tuer". L'organisation syndicale estime qu'il s'agit d'une "tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique".
Le syndicat a également annoncé sa vigilance sur les suites judiciaires du dossier. "Alors la question se pose : la justice choisira-t-elle la fermeté, ou une nouvelle fois des peines minorées et une remise en liberté rapide, comme on le voit trop souvent ?", a-t-il interrogé, avant de féliciter les effectifs engagés sur l'intervention, en particulier ceux de la police secours du secteur Centre.