Belfort : Un appel à témoins lancé après le meurtre mystérieux d'un homme sur sa terrasse

Ni arme, ni suspect, ni mobile. Le parquet de Belfort a lancé un appel à témoins après la mort d'un quinquagénaire, abattu le 16 octobre sur la terrasse de son domicile. Les enquêteurs privilégient la piste d'un assassinat.
Belfort : Un appel à témoins lancé après le meurtre mystérieux d'un homme sur sa terrasse
Illustration. (Adobe Stock)
Par Actu17
Le jeudi 29 octobre 2026 à 09:01

Un homme de 56 ans a été tué par arme à feu alors qu'il fumait une cigarette sur la terrasse de son pavillon à Lebetain (Territoire de Belfort), le 16 octobre dernier. Le parquet de Belfort privilégie la piste de l'assassinat, et une information judiciaire contre X a été ouverte. Ni l'arme ni le moindre élément balistique n'ont été retrouvés, et aucun suspect n'a été identifié à ce stade. Mercredi, le procureur de la République, Paul-Édouard Lallois, a lancé un appel à témoins dans ce dossier, évoquant "un acte criminel aux contours particulièrement mystérieux".

Les faits se sont produits peu après 16h30, rue Sous-les-Roches, dans ce village de 420 habitants situé dans le sud du département, à la frontière avec la Suisse. D'après France 3, l'épouse de la victime se trouvait à l'intérieur de la maison lorsqu'elle a entendu une ou plusieurs "déflagrations". Elle a découvert son mari au sol, ensanglanté mais toujours conscient. Elle a prévenu les secours et a demandé de l'aide à un voisin, qui habite à une vingtaine de mètres.

Il l'était encore à l'arrivée des secours. Le quinquagénaire présentait de graves blessures au thorax, à l'abdomen et à une main, en partie arrachée. Les sapeurs-pompiers sont arrivés rapidement sur place, mais le médecin du SMUR a constaté son décès à 17h10. L'autopsie a été pratiquée à l'Institut médico-légal de Besançon (Doubs). "La seule certitude que nous avons à l'issue des opérations d'autopsie", c'est que la victime "est décédée des suites d'au moins un tir d'arme à feu", a déclaré le magistrat lors d'une conférence de presse.

«Un acte prémédité»

Pour le parquet, le scénario d'un geste spontané ne tient pas. "Les circonstances qui entourent la commission de ces faits ne sont pas le fruit d'une altercation fortuite, d'un événement non préparé, mais semblent s'inscrire dans un mode opératoire qui nous laisse clairement à penser à ce stade à un acte prémédité, ou en tout cas à un acte commis avec guet-apens, qui sont donc les circonstances aggravantes qui permettent de retenir le meurtre avec préméditation, c'est-à-dire l'assassinat", a détaillé Paul-Édouard Lallois.

Aucune arme retrouvée sur place

Les recherches menées autour de la maison, relativement isolée, n'ont permis de découvrir ni arme ni projectile. Selon le procureur, ce constat est "peu courant" et complique la progression de l'enquête. La victime était chasseur et détenait plusieurs armes déclarées. "Des investigations techniques ont été effectuées sur les lieux mais n'ont mis en évidence aucun élément particulier", a souligné Paul-Édouard Lallois. "Il n'a pas pu être déterminé qu'une de ces armes aurait pu être utilisée sur la victime et aurait été remise à l'endroit où elles étaient stockées dans son domicile", a ajouté le magistrat.

L'utilisation d'une arme de chasse fait partie des hypothèses étudiées par les enquêteurs, qui n'écartent aucune piste. "L'hypothèse d'un tir lointain nous paraît peu plausible", a précisé le procureur. La thèse du suicide a, elle, été rapidement exclue.

«Une vie parfaitement tranquille»

Une enquête de flagrance pour meurtre avait d'abord été ouverte et confiée à la brigade de recherches (BR) de la gendarmerie de Belfort et à la section de recherches (SR) de Besançon. L'information judiciaire pour assassinat est désormais conduite par un juge d'instruction du pôle criminel de Montbéliard, et les militaires de la SR poursuivent les investigations. De nombreuses personnes de l'entourage de la victime ont été entendues, mais aucune garde à vue n'a eu lieu à ce stade.

"À l'heure où je vous parle, les investigations ne nous ont pas permis, pour le moment, d'identifier une ou plusieurs personnes susceptibles d'être mises en cause dans la commission de ces faits", a reconnu le procureur. Le mobile reste lui aussi inconnu. "Les premières investigations faites dans l'environnement de la victime ne nous ont pas permis d'identifier un quelconque motif qui aurait pu conduire qui que ce soit à lui en vouloir. C'est un monsieur qui avait une vie parfaitement tranquille", a indiqué le magistrat. Inconnu de la justice, le quinquagénaire menait une existence "particulièrement rangée et tranquille".

Le couple a trois enfants majeurs, qui ne vivaient plus au domicile familial et n'étaient pas présents au moment du meurtre. "Les membres de sa famille sont totalement sous le choc, abasourdis, et ne comprennent naturellement pas", a confié Paul-Édouard Lallois. L'affaire suscite une vive émotion dans le village.

Toute personne détenant des informations est invitée à contacter le centre opérationnel départemental de la gendarmerie nationale au 03 84 58 72 19. "Même quelque chose qui pourrait paraître anecdotique peut présenter un intérêt dans la poursuite des investigations sur cet assassinat", a insisté le parquet.