Cyberattaque visant la DGFiP : nom, adresse et numéro fiscal d'usagers récupérés par un pirate

Le ministère de l'Action et des Comptes publics a confirmé jeudi qu'un acteur malveillant s'était introduit dans le système d'information de l'administration fiscale à la fin du mois de juin. Le nombre d'usagers touchés reste à déterminer.
Cyberattaque visant la DGFiP : nom, adresse et numéro fiscal d'usagers récupérés par un pirate
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 13 août 2026 à 20:47

Un pirate a revendiqué ce mercredi 12 août un accès illégitime au système d'information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), obtenu fin juin après une usurpation d'identité. Des données personnelles concernant des particuliers et des professionnels ont pu être consultées et extraites. Le ministère de l'Action et des Comptes publics l'a confirmé dans un communiqué de presse diffusé ce jeudi, sans préciser à ce stade le nombre d'usagers touchés ni l'identité de l'auteur de la revendication.

Cette cyberattaque a d'abord été révélée par un message publié le 12 août sur un forum cybercriminel, repéré par Fuites Infos, un site spécialisé dans le recensement des fuites de données touchant la France. L'auteur y met en avant un fichier d'environ 678 000 lignes, mêlant particuliers et professionnels, et diffuse un échantillon d'environ 1 100 lignes présenté comme preuve de son intrusion. Le site a classé l'affaire au statut "revendiquée", faute de confirmation à ce moment-là.

Moins de vingt-quatre heures plus tard, l'administration fiscale a pris la parole. "Mercredi 12 août 2026, un acteur malveillant a revendiqué un accès illégitime au système d'information de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), intervenu fin juin 2026, après une usurpation d'identité. Les premières investigations confirment que cet accès, qui avait été coupé fin juin dans le cadre du contrôle opéré, a néanmoins permis la consultation et l'extraction de données concernant des particuliers et des professionnels", écrit le ministère de l'Action et des Comptes publics dans son communiqué.

Un VPN interne compromis

L'accès remonte donc à la fin du mois de juin, soit près de six semaines avant que son auteur ne s'en prévale publiquement. Selon Fuites Infos, l'intrusion aurait débuté par la compromission d'un VPN interne, donnant ensuite accès à un applicatif permettant de rechercher les contribuables. L'extraction des données aurait été interrompue par une déconnexion, ce qui recoupe la mention du communiqué sur un accès coupé "dans le cadre du contrôle opéré".

Les informations dérobées seraient particulièrement complètes. D'après le site spécialisé, elles comprennent l'ensemble des éléments d'état civil, avec le prénom, le nom de naissance et le nom d'usage, la date et le lieu de naissance, mais aussi l'intégralité de l'adresse postale, les numéros de téléphone et les adresses électroniques, le numéro fiscal des déclarants, le nombre de parts fiscales, le taux de prélèvement à la source, l'historique des échanges avec les agents des services fiscaux, et les numéros SIREN pour les professionnels. Cette liste n'est pas confirmée par le ministère. En revanche, aucun mot de passe ni identifiant de connexion ne serait concerné.

De 678 000 lignes à des dizaines de millions de contribuables

L'ampleur exacte de la fuite reste incertaine. Le fichier revendiqué porte sur environ 678 000 lignes, mais son auteur affirme que l'accès aurait pu toucher des dizaines de millions de contribuables, une estimation que Fuites Infos juge ni étayée ni vérifiée à ce jour. BFMTV indique de son côté que plusieurs millions d'usagers pourraient être concernés. Le ministère, lui, s'en tient à la prudence : "Des investigations approfondies se poursuivent afin de déterminer précisément les données et le nombre d'usagers concernés", indique le communiqué.

Le risque, lui, est bien identifié. Ces informations exposent leurs détenteurs à des tentatives d'escroquerie par hameçonnage, les malfaiteurs se faisant passer pour l'administration fiscale, mais aussi à des usurpations d'identité. La présence conjointe des adresses postales et d'indications sur le niveau de revenu des foyers fait par ailleurs craindre des repérages en vue de cambriolages.

Une plainte annoncée

Après la revendication, la DGFiP indique avoir "immédiatement mis en œuvre de nouvelles mesures de restriction permettant d'y mettre fin et de prévenir de nouveaux accès illégitimes". Ses équipes chargées des systèmes d'information travaillent avec les services des ministères économiques et financiers, en particulier le service du Haut fonctionnaire de défense et de sécurité (SHFDS), ainsi qu'avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Les usagers concernés doivent recevoir une information individuelle précisant les données susceptibles d'avoir été consultées ou extraites et, le cas échéant, les mesures de vigilance à adopter.

Sur le plan judiciaire, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a été saisie, conformément à la loi. "La DGFiP notifiera l'incident à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), déposera plainte et communiquera de nouveaux éléments à mesure de l'avancée des investigations", conclut le communiqué.