Le jeudi 13 août 2026 à 13:58
Une dizaine de tirs de mortiers d'artifice ont visé la brigade de gendarmerie de Delle, dans le Territoire de Belfort, au cours de la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août. C'est l'immeuble abritant les militaires et leurs familles qui a été pris pour cible. Personne n'a été blessé. Le parquet, qui n'a aucun doute sur le caractère volontaire de cette attaque, a ouvert une enquête pour retrouver les auteurs.
Il est un peu plus de 1 heure du matin lorsque les projectiles ont été tirés depuis la rue Eugène-Claret, une voie plutôt passante. Ils ont visé le bâtiment de logements, contigu à la partie de la caserne accueillant le public. Les engins ont détoné à hauteur des balcons, laissant des marques sur la façade. Les dégâts restent mineurs, selon Ici Belfort-Montbéliard. Ni les gendarmes ni les membres de leurs familles n'ont été touchés.
«Le parquet écarte l'hypothèse d'un tir accidentel»
Pour le parquet, il ne peut pas s'agir d'un tir malencontreux. Ces logements dépendent du site de la brigade et sont ceinturés par des clôtures signalant un terrain militaire dont l'accès est interdit. "Il n'y a pas eu de blessés physiques, aucune personne n'a été touchée. Mais par contre on a bien des impacts de ces artifices qui ont explosé au niveau des balcons, des traces sont visibles sur les murs. Ce qui démontre bien, à mon sens, le caractère volontaire. Il ne s'agit pas de mortiers qui auraient pu être tirés juste à proximité par des gamins qui auraient voulu s'amuser et qui auraient touché malencontreusement le bâtiment. Là, on a bien une rafale qui atteint à peu près au même endroit ce bâtiment", explique, à L'Est Républicain, Paul-Édouard Lallois, procureur de la République de Montbéliard, qui assure l'intérim des fonctions de procureur de la République de Belfort en l'absence de Jessica Vonderscher. Il évoque "une attaque en règle".
Un mortier, un lanceur et un briquet retrouvés à proximité
Surpris par les déflagrations, au moins cinq militaires se sont précipités hors de la caserne pour tenter d'identifier les tireurs, souligne Ici Belfort-Montbéliard. Aucun d'eux n'a pu être retrouvé ni interpellé. Les gendarmes ont en revanche mis la main sur un mortier, un lanceur et un briquet dans la rue. Le matériel a été placé sous scellés et transmis aux techniciens, qui cherchent à en extraire des empreintes papillaires ou de l'ADN. Les images de vidéoprotection vont également être exploitées.
Une enquête de flagrance a été ouverte pour dégradation par moyen dangereux de biens appartenant à une personne dépositaire de l'autorité publique et violence volontaire avec arme à l'encontre de militaires de la gendarmerie. Les investigations ont été confiées au groupement de gendarmerie du Territoire de Belfort, afin de renforcer la brigade de Delle et de permettre à la cellule d'identification criminelle de travailler sur le dossier.
«Je suis très inquiet quand je vois ce type d'événement»
Le procureur penche pour l'intervention de plusieurs personnes agissant de concert, et non d'un individu isolé, qui auraient choisi le milieu de la nuit pour limiter les risques d'être repérées. Plusieurs personnes se trouvaient d'ailleurs à proximité du bâtiment peu avant les tirs. Reste la question du mobile. "Je suis très inquiet quand je vois ce type d'événement. On s'interroge sur le mobile. D'autant plus qu'il n'y a pas eu d'actions particulières de la gendarmerie de Delle les jours précédents qui pourraient expliquer un acte de représailles", souligne Paul-Édouard Lallois.
Ces faits interviennent quelques semaines après une attaque similaire dans le département voisin. Le 12 juillet dernier, la brigade d'Hérimoncourt (Doubs) a elle aussi été visée par des tirs de mortiers, sans faire de blessé. Trois mineurs ont été interpellés et placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur procès, prévu en novembre. En décembre 2024, c'est la gendarmerie de L'Isle-sur-le-Doubs qui avait été prise pour cible. Deux des trois tireurs arrêtés ont été condamnés à des peines de six à quinze mois de prison ferme.