Le mercredi 12 août 2026 à 13:45
Trois corps sans vie ont été découverts dans une habitation ravagée par les flammes à Lhoumois (Deux-Sèvres), une commune d'environ 150 habitants située en Gâtine, à une quinzaine de minutes de voiture au nord-est de Parthenay, après un feu de végétation qui s'est déclaré dans l'après-midi mardi. Il s'agirait des occupants de la maison, un couple et un jeune homme. L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de Parthenay.
Plusieurs départs de feu ont été signalés vers 16h15 dans un champ, à partir du bord d'une route communale, alors que le département était classé ce jour-là en risque incendie élevé. Les flammes ont parcouru une vingtaine d'hectares d'espaces naturels avant de se propager à un hangar agricole puis à l'habitation attenante, implantée au lieu-dit "la Piochellerie", sur une route secondaire reliant Lhoumois à la commune voisine de Gourgé, non loin du parc floral Les Jardins du Gué et de la rivière le Thouet.
Une découverte macabre à 4 heures du matin
Plusieurs dizaines de sapeurs-pompiers ont été mobilisés, avec l'aide d'agriculteurs du secteur. Les incendies "ont ravagé une vingtaine d'hectares" et les flammes "se sont propagées à un hangar agricole et à un gîte attenant", a détaillé la gendarmerie. Le feu a même traversé le Thouet avant d'être éteint dans des champs de chaume, une partie moins importante du sinistre concernant le territoire de Gourgé.
Le sinistre a été circonscrit en début de soirée, mais secours et gendarmes sont restés mobilisés plusieurs heures sur place. L'habitation n'a été sécurisée par les sapeurs-pompiers qu'aux alentours de 23 heures, permettant aux militaires de démarrer leurs constatations. Vers 4 heures du matin, trois corps ont été retrouvés "dans l'habitation totalement calcinée", selon la gendarmerie.
Selon les premiers éléments, il s'agirait d'un couple âgé de 40 à 50 ans et d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, qui louaient la maison depuis quatre à cinq ans. Le propriétaire des lieux, Bernard Merlet, dirige également le parc floral voisin, où la femme d'une quarantaine d'années et le jeune homme travaillaient. "C'est horrible", a-t-il réagi auprès de La Nouvelle République, qui a révélé l'affaire. Le sort semble s'acharner sur ce site : en 1989, sa propriété principale avait déjà été ravagée par un incendie provoqué par un orage.
L'IRCGN dépêché sur place
La cellule d'investigation criminelle du groupement de gendarmerie départementale des Deux-Sèvres s'est rendue sur place dès le mardi soir. Elle a été renforcée par une équipe de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basée à Pontoise. Le périmètre est gardé et fermé au public. Un arrêté préfectoral proscrit par ailleurs tout survol du secteur par des drones. Une représentante du parquet de Niort s'est déplacée sur les lieux du drame et la procureure de la République devait communiquer ce mercredi 12 août. Hélène Simon, sous-préfète de l'arrondissement de Bressuire, avait elle aussi fait le déplacement.
Les enquêteurs doivent notamment établir ce qui a empêché les trois occupants de sortir avant l'arrivée des flammes. Le maire de Lhoumois, Jean Pillot, a évoqué des locataires plutôt réservés, qui gardaient en permanence leurs volets clos. "C'est dramatique, probablement ils n'ont pas entendu, quand les volets sont fermés on n'entend rien", a-t-il confié à France 3. "Je me sens très mal, dans un village, comme nous de 160 habitants, toutes les personnes sont proches, ce sont des gens très gentils", a ajouté l'élu. Les circonstances exactes du drame restent à établir.