Le jeudi 8 janvier 2026 à 12:22
Une nuit de terreur. Deux adolescents de 14 et 16 ans ont été enlevés dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier à Carquefou (Loire-Atlantique), puis violemment agressés avant de réussir à se réfugier chez un habitant de La Chapelle-sur-Erdre, au nord de Nantes, à une dizaine de kilomètres de Carquefou. Les deux mineurs, originaires d'Angers (Maine-et-Loire), ont été hospitalisés au CHU de Nantes et une enquête pour violences et séquestration a été ouverte, a indiqué le parquet de Nantes, confirmant une information de Ouest France.
Les faits se sont produits vers 1 heure du matin, sur le parking d'un hôtel situé à Carquefou. Des témoins, qui pensaient d'abord assister à une bagarre, voient les deux adolescents forcés de monter dans une voiture par plusieurs individus. Les gendarmes, alertés rapidement, se rendent sur place mais le véhicule a disparu à leur arrivée.
Poignardés et frappés
Vers 3 heures du matin, un habitant de La Chapelle-sur-Erdre entend frapper avec insistance à sa porte. Dans un premier temps, il hésite à ouvrir et compose le 17. Les forces de l'ordre sont envoyées sur place tandis que l'homme finit par recueillir les deux mineurs. Les adolescents sont alors nus, ensanglantés, transis de froid. L'un d'eux a reçu un coup de couteau à la cuisse. Ils présentent des blessures au visage, susceptibles d'avoir été provoquées par des coups de crosse d'arme à feu, et les doigts lacérés.
Selon leurs premières déclarations, les deux garçons ont été conduits dans une zone boisée après leur enlèvement. Plusieurs individus les auraient déshabillés, frappés, menacés de mort et forcés à creuser un trou à mains nues dans la terre gelée. Ils finissent par parvenir jusqu'à un hameau de La Chapelle-sur-Erdre, où ils frappent à la porte d'un domicile pour demander de l'aide.
Les militaires du peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), dépêchés sur les lieux indiqués par les victimes, ont retrouvé les vêtements des adolescents ainsi qu'un trou qui aurait pu servir de fosse. L'endroit se situe à quelques centaines de mètres du domicile où les mineurs ont trouvé refuge.
Les victimes restent muettes
Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, précise à nos confrères que les deux garçons "ne fournissent pas d'explication aux événements dont ils ont été les victimes". Les enquêteurs de la police judiciaire privilégient la piste d'un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants, une mise en scène destinée à terroriser les deux mineurs.
Les adolescents ont été hospitalisés au CHU de Nantes. Les investigations se poursuivent pour identifier les auteurs, confirmer le mobile évoqué par les enquêteurs et éclaircir le déroulement complet des faits.