Francis Szpiner, sénateur de Paris, mis en examen pour corruption

Soupçonné d'avoir échangé un logement social contre des relations sexuelles lorsqu'il était maire du XVIe arrondissement, le sénateur de Paris a été poursuivi ce jeudi. Il n'a pas été placé sous contrôle judiciaire.
Francis Szpiner, sénateur de Paris, mis en examen pour corruption
Le sénateur de Paris Francis Szpiner, le 11 juillet 2020. (Samuel Lambrozo / Wikimedia)
Par Actu17
Le jeudi 9 juillet 2026 à 18:53

Francis Szpiner, sénateur (LR) de Paris qui fut maire du XVIe arrondissement de la capitale, a été mis en examen ce jeudi pour corruption passive par un élu. Ce ténor du barreau est soupçonné d'avoir conditionné, lorsqu'il était maire, l'attribution d'un logement social à une femme en contrepartie de relations sexuelles. Des faits qu'il conteste.

Le parquet de Paris, qui a confirmé cette mise en examen révélée par Le Parisien, a précisé les raisons de l'absence d'un placement sous contrôle judiciaire : "Francis Szpiner n'a pas été placé sous contrôle judiciaire, dans la mesure où la demande de levée d'immunité n'a pas été traitée dans les temps par le Sénat."Le sénateur avait été placé en garde à vue mardi, une mesure qui a duré 48 heures.

De son côté, la femme qui a bénéficié de l'appartement a elle aussi été mise en examen, du chef de corruption active d'un élu. Elle a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'entrer en contact avec Francis Szpiner.

Du côté de la défense, Me Caroline Toby, avocate de Francis Szpiner, a insisté auprès de nos confrères sur le rejet des accusations : "Mon client conteste avec la plus grande fermeté les faits qui lui sont reprochés et s'expliquera devant le juge d'instruction ultérieurement."

Un témoignage recueilli fin 2024

Selon le quotidien francilien, l'affaire a éclaté à l'automne 2024. L'alerte est venue d'un juge d'instruction, alors chargé d'un dossier de violences conjugales. Une jeune femme a été entendue le 30 septembre 2024. Son témoignage s'est révélé accablant. Présentée comme victime de violences conjugales, cette femme a dû quitter son logement de l'avenue Foch. Elle assure avoir décroché un logement social dans des circonstances douteuses au début de l'année 2023.

Selon nos confrères, elle a fait état de trois entrevues, dont deux se seraient tenues à la mairie et la dernière au sein même de l'appartement.

Un enregistrement versé au dossier

Les investigations reposent en partie sur des SMS échangés entre la plaignante et l'ex-maire, mais aussi sur l'enregistrement d'un appel téléphonique remontant à mars 2023 et joint au dossier, rapporte le quotidien.

Interrogée sur son consentement, la jeune femme a livré son amertume détaille Le Parisien : "Vous me demandez si j'étais consentante à ces relations sexuelles. (…) Je me dis que le monde est cruel, que des gens utilisent leur position. (...) Il ne me plaisait pas du tout. Oui, c'était sous la contrainte de l'appartement que je l'ai fait, exactement."

Le 7 avril 2025, le parquet de Paris a fait ouvrir une information judiciaire des chefs de corruption active et passive. Le bureau du Sénat a levé l'immunité parlementaire de l'élu le 28 mai, à la demande des juges d'instruction. Dans ce dossier, deux perquisitions ont été menées, la dernière en juillet 2025 dans l'ancien bureau du sénateur, à la mairie du XVIe arrondissement.