Le samedi 24 octobre 2026 à 16:44
Un photographe de 25 ans a été grièvement blessé par un tir de grenade policière lors de la manifestation du 17 octobre à Paris. Le parquet de Paris a annoncé samedi avoir ouvert une enquête des chefs de "violence par une personne dépositaire de l'autorité publique, suivie de mutilation ou infirmité permanente, lors de manifestation sur la voie publique". Les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Le jeune homme, prénommé Ahmed, s'était rendu dans la capitale pour couvrir la mobilisation. Il a été atteint par un tir de grenade place de la République, selon la plainte déposée par son avocat, Me Arié Alimi. D'après ce dernier, le tir a touché l'artère fémorale et le photographe "perdait plus d'un litre de sang". Des manifestants l'ont porté jusqu'à une ambulance, qui l'a conduit à l'hôpital. "Opéré en urgence, pendant plus de trois heures", il a été "sauvé in extremis", indique la plainte. Il était toujours en soins intensifs au moment de son dépôt, et il est impossible à ce stade de savoir s'il conservera l'usage de sa jambe.
C'est l'avocat qui a informé le parquet de "blessures graves à son endroit (...) ayant conduit à son hospitalisation". L'enquête "est ouverte parallèlement à la plainte avec constitution de partie civile déposée par l'avocat auprès du doyen des juges d'instruction pour les mêmes faits, afin d'éviter toute déperdition des preuves", a détaillé le ministère public.
Une plainte pour «tentative d'homicide volontaire»
Me Arié Alimi a expliqué à l'AFP avoir déposé cette plainte jeudi pour "tentative d'homicide volontaire". Le texte vise également des "violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, commises en réunion, par personne dépositaire de l'autorité publique, avec usage d'une arme", ainsi qu'une "complicité de tentative de meurtre par instigation". "Il a failli mourir. Les policiers ne l'ont pas secouru en le laissant se vider de son sang sur le trottoir", a affirmé le conseil de la victime.
L'avocat dénonce le choix du parquet
La qualification de tentative d'homicide volontaire n'a pas été retenue par le parquet, ce que dénonce l'avocat. "Je regrette que le parquet de Paris ait dans un premier temps refusé toute communication et rejeté l'ouverture d'une enquête préliminaire", a-t-il réagi samedi auprès de nos confrères. Selon lui, la qualification choisie "a pour seule vocation de protéger le préfet de Paris et le ministre de l'Intérieur".
Vendredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a fait savoir que huit enquêtes avaient déjà été ouvertes par l'IGPN pour des faits survenus les 17 et 18 octobre.