Le conducteur d'un TGV tué dans une collision avec un convoi exceptionnel à un passage à niveau du Pas-de-Calais

Un convoi exceptionnel privé transportant un véhicule blindé militaire serait resté bloqué sur un passage à niveau de Bully-les-Mines, dans le Pas-de-Calais. Un TGV reliant Dunkerque à Paris l'a percuté à 160 km/h peu avant 7 heures ce mardi matin. Le conducteur du train, âgé de 56 ans, est décédé. Seize personnes ont été blessées. Le chauffeur du poids-lourd a été placé en garde à vue.
Le conducteur d'un TGV tué dans une collision avec un convoi exceptionnel à un passage à niveau du Pas-de-Calais
Un TGV à la gare du Nord à Paris, le 4 juin 2024. (NGCHIYUI / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le mardi 7 avril 2026 à 10:15 - MAJ mardi 7 avril 2026 à 13:28

Le conducteur d'un TGV, âgé de 56 ans, est décédé mardi 7 avril après une collision avec un convoi exceptionnel privé transportant un véhicule blindé militaire à un passage à niveau de Bully-les-Mines (Pas-de-Calais). Selon le dernier bilan communiqué par la préfecture, 16 personnes ont été blessées, dont deux en urgence absolue. Leurs jours ne sont pas en danger. Au total, 247 personnes étaient à bord du train. Le conducteur du poids-lourd a été placé en garde à vue.

Le TGV, qui reliait Dunkerque à Paris, a percuté le convoi exceptionnel peu avant 7 heures du matin sur l'axe ferroviaire entre Béthune et Lens. Selon le maire de Mazingarbe, Laurent Poissant, interrogé par France 3, la remorque du convoi serait restée bloquée sur le passage à niveau et se serait fait percuter par le TGV. Le train roulait à 160 km/h au moment de l'impact, a précisé le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch. Le TGV a parcouru plusieurs centaines de mètres avant de s'immobiliser. La motrice du train a été pulvérisée sous la violence du choc.

Le conducteur du TGV, incarcéré dans sa cabine, est mort, ont confirmé les pompiers et la préfecture. Le poids-lourd, affrété par un transporteur privé, acheminait un véhicule blindé du régiment de génie d'Angers. Il s'agissait d'un bac amphibie Gillois, selon le média local Horizon Actu. Des débris ont été retrouvés à plus de 50 mètres du point d'impact et une partie de la remorque s'est renversée dans le jardin d'un riverain. Le conducteur du convoi est vivant.

Une enquête ouverte pour «homicide involontaire aggravé»

Le procureur de la République de Béthune, Etienne Thieffry, a annoncé lors d'un point presse que le conducteur du poids-lourd avait été placé en garde à vue. Une enquête a été ouverte pour "homicide involontaire aggravé" ainsi que "blessures involontaires", a-t-il précisé. De son côté, le PDG de la SNCF, Jean Castex, en déplacement sur les lieux, a déclaré : "Nous ne connaissons pas encore les conditions ni les causes exactes de ce drame."Selon lui, les premiers éléments laissent à penser que le passage à niveau était en état de fonctionnement normal : "Il apparaît que les barrières ont parfaitement fonctionné."

Sur place, 88 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, ainsi que six personnels du SAMU, dix policiers et 40 salariés et bénévoles de la protection civile. Six bus ont été affrétés par la SNCF pour assurer le transport des passagers. Une cellule psychologique a été mise en place en interne après le décès du conducteur.

La circulation des trains a été totalement interrompue dans les deux sens entre Béthune et Lens. Le trafic ne reprendra pas avant jeudi matin, a indiqué la SNCF. L'alimentation électrique a également été coupée sur les lignes Lille-Béthune, Lille-Lens et Lille-Douai, a indiqué le compte TER Hauts-de-France sur le réseau social X. Le temps de parcours pour atteindre Béthune ou Lens est allongé d'environ 40 minutes, les TER empruntant un itinéraire alternatif.