Lyon : Un adolescent de 15 ans soupçonné d'avoir préparé une attaque au couteau dans son ancien lycée

Exclu de son établissement en début d'année, le lycéen a détaillé aux enquêteurs le mode opératoire qu'il envisageait. Le parquet national antiterroriste réclamait son placement en détention provisoire.
Lyon : Un adolescent de 15 ans soupçonné d'avoir préparé une attaque au couteau dans son ancien lycée
Illustration. (Sergey Novikov / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 18 septembre 2026 à 22:53

Un adolescent de 15 ans a été mis en examen ce vendredi 18 septembre pour participation à une entreprise individuelle terroriste. Acquis aux thèses de l'ultradroite, il est soupçonné d'avoir préparé une attaque à l'arme blanche contre son ancien lycée, situé dans le centre-ville de Lyon, dont il avait été exclu en début d'année. Le juge d'instruction antiterroriste l'a placé sous contrôle judiciaire, avec l'obligation de respecter un placement éducatif, alors que le parquet national antiterroriste (PNAT) réclamait sa détention provisoire. Le mineur avait été interpellé la veille par les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT), comme l'a révélé Le Monde.

Le suspect, déscolarisé depuis son exclusion, s'était fait remarquer par sa présence en ligne. Il y publiait des contenus hostiles à certaines minorités et incitait à passer à l'action. Ces messages lui ont valu un premier placement en garde à vue au mois de mai, dans les locaux de la division de la criminalité territoriale (DCT) de Lyon, pour apologie d'un acte de terrorisme.

Un carnet recensant des tueries de masse

Une perquisition a alors été menée à son domicile. Les fonctionnaires y ont saisi un sac à dos renfermant une tenue de type militaire, des gants et deux couteaux. Sa chambre abritait par ailleurs des symboles renvoyant à la mouvance d'ultradroite. Un carnet y a aussi été retrouvé : l'adolescent y avait consigné une série de tueries de masse commises aux États-Unis, en notant le nombre de morts pour chacune.

Une partie de la pièce avait été aménagée en espace à la mémoire de Quentin Deranque, militant identitaire lyonnais battu à mort le 14 février dernier par des activistes d'ultragauche. Selon Le Monde, le mineur semble avoir été affecté par ce décès.

Une attaque «particulièrement préparée»

Craignant qu'il ne passe à l'acte à brève échéance, les enquêteurs l'ont entendu. Il a alors admis avoir préparé une attaque qu'une source proche du dossier décrit comme "particulièrement préparée". Devant les fonctionnaires, il a décrit son projet avec précision. Un cadenas devait lui permettre de condamner les issues de l'établissement. Il comptait ensuite frapper les élèves au couteau, en les sélectionnant d'abord selon leur couleur de peau, puis sans distinction. Aucune date n'aurait toutefois été arrêtée, mais le matériel nécessaire avait été réuni, d'après nos confrères. Le mineur a justifié ses intentions en affirmant avoir été victime d'un "racisme anti-Blancs" durant sa scolarité.

Son état psychologique n'a pas permis son défèrement à l'issue de cette garde à vue. Les médecins ont suspecté une décompensation psychiatrique et l'adolescent a été hospitalisé en établissement spécialisé. Deux éléments ont ensuite relancé le dossier : l'attitude du mineur durant ce séjour, jugée préoccupante, et l'analyse de son téléphone, où figuraient des échanges très circonstanciés autour de ses projets meurtriers. Le parquet de Lyon a été dessaisi au profit du PNAT, qui a ouvert une enquête préliminaire en septembre. Sur Snapchat notamment, le suspect aurait fait part de ses intentions à d'autres internautes, qui l'auraient encouragé, a appris l'Agence France-Presse de source proche du dossier.

Sa sortie d'hôpital, le 17 septembre, a été mise à profit pour l'interpeller. Le mineur a ensuite été emmené au siège de la SDAT, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), où sa garde à vue a duré vingt-quatre heures avant son défèrement.

Le juge d'instruction n'a pas suivi le parquet

Si l'information judiciaire a été ouverte du chef d'association de malfaiteurs terroriste criminelle, le magistrat instructeur a finalement retenu la qualification délictuelle de participation à une entreprise individuelle terroriste. Le mineur doit désormais "respecter les conditions d'un placement éducatif" et "se soumettre à des mesures de suivi psychologique et/ou psychiatrique", a précisé le ministère public. Il lui est également interdit de détenir une arme.

"J'insiste désormais sur l'impérieuse nécessité pour les services éducatifs de travailler avec ce jeune, et de l'accompagner sereinement dans sa reconstruction pendant que l'information judiciaire se poursuit", a réagi son avocat, Me Eliott Amzallag.

Une autre procédure antiterroriste visant la mouvance d'ultradroite a été révélée ce jeudi : celle d'un policier de 35 ans affecté dans les Yvelines, soupçonné d'entretenir des liens avec cette mouvance. Interpellé le 23 août par la SDAT, il a été écroué pour préparation individuelle à la commission d'un acte de terrorisme.