Meurtre de Quentin à Lyon : sept mises en examen, dont celle de l'assistant du député LFI Raphaël Arnault

Six suspects ont été mis en examen pour homicide volontaire et un septième pour complicité par instigation, jeudi soir au tribunal judiciaire de Lyon. Parmi eux, Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, a été placé en détention provisoire.
Meurtre de Quentin à Lyon : sept mises en examen, dont celle de l'assistant du député LFI Raphaël Arnault
Le tribunal judiciaire de Lyon. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 20 février 2026 à 09:10

Sept personnes ont été mises en examen dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque, jeudi 19 février au soir, au tribunal judiciaire de Lyon. Six l'ont été pour "homicide volontaire" et un septième, Jacques-Elie Favrot, 25 ans, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, pour "complicité d'homicide volontaire par instigation". Six des mis en examen ont été placés en détention provisoire. Le septième a été placé sous contrôle judiciaire, assorti d'une interdiction de participer à des manifestations ainsi que d'une mesure d'éloignement du territoire de la ville de Lyon.

La qualification de complicité par instigation retenue contre Jacques-Elie Favrot tend à lui prêter un rôle d'influence dans le déroulement des faits, voire de leader, selon l'accusation, mais pas d'auteur volontaire des coups mortels. Son avocat, Me Bertrand Sayn, a indiqué que son client reconnaissait "sa présence sur les lieux" et "la commission de violences" à l'encontre de Quentin Deranque, tout en assurant ne "pas être l'auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Deranque". Le chef retenu contre lui confirme qu'il "n'a pas donné de coups directs susceptibles d'avoir causé le décès", a réagi Me Sayn. Jacques-Elie Favrot était collaborateur de Raphaël Arnault depuis 2024. Le député du Vaucluse, fondateur de la Jeune Garde, groupuscule antifasciste lyonnais dissous en juin 2025 pour ses méthodes jugées violentes, a affirmé avoir engagé lundi une procédure pour "mettre fin" au contrat de son assistant.

Sept suspects âgés de 20 à 26 ans

Parmi les suspects mis en examen pour homicide volontaire et écroués figure également Adrian Beysseyre, 25 ans, un autre proche de Raphaël Arnault, qui travaillait dans l'équipe du député jusqu'à quelques jours avant les faits, a expliqué à l'AFP son avocat, Me Benoît Courtin. Par ailleurs, un autre assistant parlementaire du député, Robin Chalendard, avait été placé en garde à vue pour "recel de malfaiteurs". Il a été remis en liberté avec trois autres suspects.

Les six suspects mis en examen pour homicide volontaire sont âgés de 20 à 26 ans. Ils sont étudiants, employés dans le privé ou sans emploi. Trois d'entre eux déclarent faire partie ou être proches de la mouvance d'ultragauche. Lors des gardes à vue, cinq des sept suspects ont reconnu leur présence sur les lieux du drame, tandis que deux ont gardé le silence. "Certains admettaient avoir porté des coups à Quentin Deranque et/ou à d'autres victimes", a précisé le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran. Tous "contestent l'intention" de tuer. La plupart des suspects ont un casier judiciaire vierge, à l'exception de deux d'entre eux, déjà condamnés pour violences et usage de stupéfiants par le tribunal pour enfants pour l'un, et pour vol et port d'arme par le tribunal correctionnel de Lyon pour l'autre. "Un des mis en cause fait actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire à l'issue de violences aggravées en raison de la race, de l'ethnie ou de la religion", a ajouté Thierry Dran. Selon les informations recueillies, il s'agit d'une agression à caractère antisémite commise il y a deux ans dans le métro parisien.

Une opération d'interpellation dans cinq départements

Le procureur avait requis le placement en détention provisoire des sept suspects en raison des graves troubles à l'ordre public, des risques de concertation frauduleuse, du risque de déperdition des preuves et afin de les maintenir à disposition de la justice. Les sept mis en examen ont été présentés au juge d'instruction, puis ont comparu devant le juge des libertés et de la détention (JLD) jusqu'à une heure avancée de la nuit. Le JLD n'a pas suivi les réquisitions du parquet pour le septième suspect, placé sous contrôle judiciaire.

Les interpellations avaient été menées dans le cadre d'une opération de grande ampleur, entre mardi soir 18 heures et mercredi matin 9 heures. Grâce à l'exploitation des témoignages, aux éléments matériels et techniques ainsi qu'aux vidéos, les enquêteurs sont parvenus, "dans un contexte sensible", à identifier sept suspects qu'il a ensuite fallu localiser. Les forces de l'ordre ont procédé à des arrestations dans plusieurs départements : l'Aisne, la Drôme, la Haute-Loire, l'Isère et le Rhône. Au total, onze personnes avaient été arrêtées : sept pour "homicide volontaire", "violences aggravées" et "association de malfaiteurs", et quatre autres, dont trois femmes, pour "recel de malfaiteurs". "Ces dernières ont été remises en liberté mais seront convoquées ultérieurement par la justice", a indiqué Thierry Dran.

Plusieurs suspects restent «à identifier»

L'enquête se poursuit. Le procureur a souligné que "l'identification des personnes présentes sur les lieux avait été difficile" et qu'"à ce jour, il restait plusieurs personnes à identifier". Une information judiciaire criminelle a été ouverte auprès de trois juges d'instruction. Une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances - réunion, port de masque et port d'armes - et du chef d'association de malfaiteurs a également été ouverte.