Mort de Quentin à Lyon : sept suspects déférés en vue de leur mise en examen pour homicide volontaire

Sept suspects ont été déférés en vue de leur mise en examen pour homicide volontaire, a annoncé ce jeudi le procureur de la République de Lyon à l'issue des gardes à vue dans l'affaire de la mort de Quentin Deranque, militant identitaire de 23 ans roué de coups le 12 février.
Mort de Quentin à Lyon : sept suspects déférés en vue de leur mise en examen pour homicide volontaire
Quentin Deranque était âgé de 23 ans.
Par Actu17
Le jeudi 19 février 2026 à 17:28

Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a tenu une nouvelle conférence de presse ce jeudi 19 février au sujet de l'agression mortelle de Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire roué de coups le 12 février dernier à Lyon en marge d'une conférence de la députée européenne Rima Hassan. A l'issue des gardes à vue, le magistrat a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire criminelle auprès de trois juges d'instruction et la mise en examen requise de sept suspects pour homicide volontaire.

Au total, onze personnes ont été interpellées. Sept d'entre elles ont été déférées ce jeudi en vue de leur mise en examen. Quatre autres suspects, trois femmes et un homme, ont été laissés en liberté. "L'identification des personnes présentes sur les lieux était difficile, il reste à ce jour plusieurs personnes à identifier", a souligné le procureur.

Certains suspects ont reconnu «avoir porté des coups à Quentin Deranque»

Sur les sept suspects déférés, "deux" ont "refusé de s'expliquer sur les faits", tandis que d'autres "reconnaissaient leur présence sur les lieux", a indiqué Thierry Dran. "Certains admettaient avoir porté des coups à Quentin Deranque ou/et à d'autres victimes", a-t-il ajouté. Tous "contestaient l'intention d'homicide", a précisé le procureur.

"Les auditions des témoins, les interrogatoires des [personnes] mises en cause, les investigations techniques, les résultats de l'autopsie de la victime et l'exploitation des vidéos conduisent le parquet à ouvrir dans les minutes qui viennent une information judiciaire criminelle devant les juges d'instruction et à requérir la mise en examen du chef d'homicide volontaire sur Quentin Deranque", a annoncé le procureur.

Des suspects âgés de 20 à 26 ans

Les sept personnes présentées au juge d'instruction sont "âgées de 20 à 26 ans", a indiqué Thierry Dran. Ils sont "pour l'essentiel des étudiants, des employés dans le privé, l'un est sans emploi, et l'un est - comme vous le savez -, assistant parlementaire. Certains appartiennent à des associations et trois déclarent avoir fait partie ou être proches de la mouvance d'ultra-gauche."Ils "n'ont pas d'antécédents judiciaires", a précisé le procureur, "sauf pour deux d'entre eux", déjà condamnés pour "violence et usage de stupéfiants par le tribunal pour enfants" pour l'un, et pour l'autre, "par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de vol et [de] port d'arme". L'un d'entre eux fait par ailleurs actuellement l'objet d'un contrôle judiciaire par une juge d'instruction de Paris, "à la suite de faits de violences aggravées en raison de la race, de l'ethnie ou la religion", a-t-il ajouté.

Les faits remontent au jeudi 12 février. Selon les éléments détaillés par le procureur lors d'une précédente conférence de presse lundi, "vers 17h30", sept jeunes femmes membres du collectif Némésis avaient déployé une banderole devant l'Institut politique de Lyon pour dénoncer la venue de Rima Hassan. Elles avaient "au préalable demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violences", mais "ces derniers restaient à l'écart". "Rapidement, plusieurs individus intervenaient pour tenter d'arracher la banderole, puis exerçaient des violences sur au moins deux des jeunes femmes", avait relaté le magistrat. "Selon leur témoignage, l'une aurait été étranglée, l'autre jetée au sol, puis frappée à terre", avec des ITT de deux et cinq jours.

Vers 18 heures, les jeunes hommes venus en soutien du collectif étaient "pris à partie violemment par un groupe d'une vingtaine d'individus masqués, cagoulés". "La plupart parvenaient à s'enfuir, mais trois personnes se retrouvaient isolées" dans le 5e arrondissement de Lyon "et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus". "Ces trois jeunes hommes, dont Quentin, étaient alors jetés au sol puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six" pour Quentin Deranque. "Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir et tandis que Quentin restait au sol, le groupe des personnes les ayant frappés se retirait", avait détaillé le procureur.

Un ami de Quentin Deranque, arrivé sur les lieux, avait retrouvé ce dernier "encore conscient" et capable de "s'exprimer", bien qu'il ait "oublié le déroulé des faits". Son état de santé s'est ensuite dégradé et les secours ont été appelés. Son pronostic vital a été engagé. Le jeune homme est décédé le samedi 14 février à l'hôpital. L'autopsie a révélé "qu'il présentait essentiellement des lésions à la tête, un traumatisme crânien encéphalique majeur".

L'enquête, confiée à la division criminelle territoriale (DCT) de la police de Lyon, se poursuit.