Le lundi 16 février 2026 à 16:38
Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire, est décédé samedi 14 février à l'hôpital après avoir été violemment roué de coups deux jours plus tôt à Lyon, en marge d'une conférence de la députée européenne Rima Hassan. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a détaillé ce lundi le déroulement des faits et l'avancée de l'enquête, au cours d'une conférence de presse. Aucune interpellation n'a pour l'instant eu lieu.
Selon le procureur, "vers 17h30" le jeudi 12 février, sept jeunes femmes membres du collectif Némésis ont déployé une banderole devant l'Institut politique de Lyon pour dénoncer la venue de Rima Hassan. Elles avaient "au préalable demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violences", mais "ces derniers restaient à l'écart". "Rapidement, plusieurs individus intervenaient pour tenter d'arracher la banderole, puis exerçaient des violences sur au moins deux des jeunes femmes", a relaté Thierry Dran. "Selon leur témoignage, l'une aurait été étranglée, l'autre jetée au sol, puis frappée à terre", avec des ITT de deux et cinq jours. "A ce stade, les jeunes hommes chargés d'aider le collectif Némésis n'intervenaient pas", a-t-il précisé.
Au moins six personnes ont frappé Quentin Deranque
Vers 18 heures, ces derniers étaient "pris à partie violemment par un groupe d'une vingtaine d'individus masqués, cagoulés", a poursuivi le procureur. "La plupart parvenaient à s'enfuir, mais trois personnes se retrouvaient isolées" dans le 5e arrondissement de Lyon "et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus". "Ces trois jeunes hommes, dont Quentin, étaient alors jetés au sol puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six" pour Quentin Deranque. "Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir et tandis que Quentin restait au sol, le groupe des personnes les ayant frappés se retirait", a détaillé le magistrat.
Un ami de Quentin Deranque, arrivé sur les lieux, a retrouvé ce dernier "encore conscient" et capable de "s'exprimer", bien qu'il ait "oublié le déroulé des faits". En le ramenant chez lui, son ami a constaté que son état de santé se dégradait. Les secours ont été appelés et le pronostic vital du jeune homme a été engagé. Il est décédé à l'hôpital le samedi 14 février. L'autopsie a révélé "qu'il présentait essentiellement des lésions à la tête, un traumatisme crânien encéphalique majeur".
«Des analyses des vidéos sont en cours»
Une enquête criminelle pour homicide volontaire a été ouverte, ainsi qu'une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances : réunion, port de masque et port d'armes, et du chef d'association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni de cinq ans d'emprisonnement. L'enquête a été confiée à la division criminelle territoriale (DCT) de la police de Lyon, qui a procédé à l'audition de plus d'une quinzaine de témoins. "Des analyses des vidéos sont en cours. Des constatations techniques se poursuivent", a précisé le procureur, ajoutant que l'enquête cherche "à identifier l'ensemble des auteurs directs des faits criminels en se basant non pas sur des rumeurs, mais sur les éléments recueillis lors des investigations de police. Puis les interpellations seront effectuées".