Le jeudi 22 octobre 2026 à 11:23
Le niveau de mobilisation des forces de l'ordre sera 20 % plus élevé samedi 24 octobre, pour "l'acte II" des Gilets jaunes, que lors de la journée de violences et de pillages du 17 octobre. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, a détaillé jeudi 22 octobre sur Sud Radio et sur BFMTV le dispositif prévu pour cette nouvelle journée de mobilisation contre le coût de la vie, attendue partout en France. Unités d'élite, blindés, hélicoptères et militaires de la force Sentinelle seront engagés, et des policiers qui devaient être en congés ont été rappelés.
"On est sur un niveau de mobilisation de 20 % supérieur à ce qu'il était la semaine dernière", a annoncé le ministre délégué sur BFMTV. Sur Sud Radio, il a assuré que le gouvernement et les forces de l'ordre mettraient tout en œuvre pour que la journée "se passe le mieux possible". "L'objectif c'est de mobiliser toutes nos forces", a-t-il insisté.
Pour atteindre ce niveau d'effectifs, la décision a été prise de "supprimer des vacances". "Nous avons rappelé des personnes qui devaient être en vacances mais qui ne le seront pas", a précisé Jean-Didier Berger, qui a dit avoir "une pensée pour eux et leur famille".
«Pendant combien de temps on supprime des vacances ?»
Le ministre délégué a estimé que les forces de l'ordre étaient "depuis un mois déjà au maximum" et qu'à ce stade, "on ne sait pas combien de temps on va devoir être au maximum". "Pendant combien de temps on supprime des vacances ?", s'est-il interrogé. "Tout en demandant aux policiers d'être physiologiquement suffisamment reposés pour avoir le geste proportionné, la bonne parole, ne pas avoir de bavure. Pendant combien de temps physiologiquement et psychologiquement on va rappeler tout le monde à un niveau maximum ? C'est aussi ça la réalité de la gestion du ministère de l'Intérieur", a poursuivi Jean-Didier Berger.
«Arrêter l'hypocrisie»
À deux jours de la mobilisation, le membre du gouvernement a également appelé les opposants au gouvernement à être "au clair avec eux-mêmes" et à ce que "les contradictions soient levées". "Il y a une semaine, on nous disait qu'il y avait trop de policiers, qu'il fallait les désarmer et qu'ils étaient trop au contact. Il y a quelques jours, tout change, et les mêmes qui nous critiquaient nous disent 'il n'y a pas assez de policiers, ils ne sont pas assez armés et ne vont pas assez au contact'", a-t-il déclaré, appelant à "arrêter l'hypocrisie". Selon lui, la police fait "un super travail".
Le RAID, le GIGN et la BRI en renfort
Les unités d'intervention de la police et de la gendarmerie seront aussi sur le terrain samedi. Le RAID, le GIGN et la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) viendront "en renfort" "pour gérer les situations les plus sensibles", a expliqué Jean-Didier Berger. Dans les communes qui en sont dotées, les policiers municipaux prêteront également main-forte.
Les militaires de la force Sentinelle seront positionnés "sur des points fixes", notamment devant des "ambassades", afin de permettre aux policiers de se consacrer au maintien de l'ordre.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà annoncé le déploiement d'hélicoptères, de blindés Centaure de la gendarmerie et d'engins lanceurs d'eau. Les armes intermédiaires, comme les LBD et les grenades de désencerclement, "pourront être utilisées", a confirmé Jean-Didier Berger.
Plusieurs interdictions de manifester devraient par ailleurs être prononcées. Les préfets auront également la possibilité de décréter des couvre-feux partiels, une mesure déjà appliquée dans plusieurs villes depuis lundi.
De son côté, Emmanuel Macron a convoqué jeudi à l'Élysée "l'ensemble des services de renseignement", accusés d'avoir mal anticipé la mobilisation. 997 policiers et gendarmes ont été blessés, dont sept grièvement, lors des violences du week-end dernier.