Le vendredi 6 mars 2026 à 17:52 - MAJ samedi 7 mars 2026 à 09:20
Une tête de porc coupée en deux a été découverte accrochée au portail du domicile de Christian Estrosi, maire de Nice (Alpes-Maritimes), le 27 février dernier. Deux suspects ont été interpellés les 4 et 5 mars et ont été mis en examen, a annoncé le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.
Le 27 février à 23h30, "alors qu'il regagnait son domicile situé à Nice, Christian Estrosi, maire de Nice, et son épouse découvraient accrochée au portail de sa résidence une tête de porc coupée en deux avec une affiche en papier clouée dessus supportant son portrait, une étoile de David et l'inscription 'connard'", détaille le parquet. Une enquête de flagrance était immédiatement confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice des chefs de "menaces de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un élu public, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion".
Le visionnage des caméras de vidéoprotection de la ville "permettait de voir peu avant 22 heures un individu vêtu de noir et porteur d'un sac cabas accrocher la tête de porc et l'affiche", précise le communiqué. Les images permettaient également "d'identifier un véhicule susceptible d'être en lien avec les faits et la possible participation de quatre personnes". Les investigations menées sur le véhicule ainsi que sur la provenance de la tête de porc permettaient d'identifier deux suspects, "un né en 1988 en Tunisie et un second né en 1990 dans ce même pays".
Un suspect surpris en train de photographier le maire
Le premier individu était localisé à Nice et placé sous surveillance. Le 4 mars à 12h30, "alors que l'intéressé faisait l'objet d'une surveillance physique, il était vu en train de prendre une photo du maire de Nice, à quelques mètres de ce dernier alors présent dans le centre-ville", rapporte le parquet. Les enquêteurs procédaient alors à son interpellation. Parallèlement, le second suspect était localisé en Seine-et-Marne. "Dans le cadre d'une co-saisine avec les services de police judiciaire locaux", il était interpellé le 5 mars à 6h. Des perquisitions étaient réalisées avec "la saisie de nombreux téléphones, matériels informatiques et matériels audiovisuels".
Les deux hommes mis en examen
Entendus lors de plusieurs auditions, "le premier mis en cause contestait toute participation aux faits tandis que le second reconnaissait la participation à certains actes préalables tout en contestant son implication directe et volontaire", indique le procureur Damien Martinelli.
Concernant leurs profils, l'individu né en 1988 a déjà été condamné pour travail dissimulé, conduite sans permis et vol en réunion. "Habituellement domicilié en région parisienne, il se présente comme titulaire d'un doctorat en informatique et autoentrepreneur", précise le parquet. "Il est titulaire d'un récépissé de demande d'asile."Le second mis en cause, né en 1990, a déjà été condamné pour infractions à la législation sur les stupéfiants. Habituellement domicilié en région parisienne, "il est en situation irrégulière sur le territoire national et indique travailler de manière non déclarée sur des chantiers".
Le suspect né en 1988 "a été mis en examen pour violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence, accès frauduleux à un système de traitement de données automatisé et association de malfaiteurs", a annoncé le procureur de la République vendredi soir. "Il a fait le choix de garder le silence et a été placé en détention provisoire", précise le magistrat.
Le second suspect né en 1990 "a été mis en examen pour violences aggravées envers un élu public, provocation publique à la haine ou à la violence et association de malfaiteurs". "Acceptant de répondre aux questions du juge d'instruction, il a contesté sa participation aux faits", indique Damien Martinelli. "Il a été incarcéré provisoirement dans l'attente du débat sur la détention provisoire qui se tiendra mercredi prochain."
Christian Estrosi dénonce une «barbouzerie inédite»
Dans une déclaration publiée sur X vendredi soir, Christian Estrosi a réagi en se disant victime "d'une barbouzerie inédite", dénonçant un "acte délibéré d'une extrême gravité" dont les parcours des suspects révélés par le procureur sont "particulièrement effrayants". Le maire de Nice affirme que l'un des mis en cause "a tenté d'infiltrer mon entourage et de s'immiscer au sein de mon équipe de campagne" et que l'interpellation s'est déroulée sous ses yeux. "L'enquête se poursuit et je ne lâcherai rien. Mon avocat va se constituer partie civile", a-t-il ajouté, s'interrogeant : "S'agit-il d'une mafia organisée ? D'une ingérence en provenance d'un pays étranger ? D'opposants capables du pire ?"
— Christian Estrosi (@cestrosi) March 6, 2026