Nice : Deux hommes interpellés après le dépôt d'une tête de porc au domicile de Christian Estrosi

Le maire de Nice et son épouse ont découvert une tête de porc accompagnée d'une étoile de David accrochée au portail de leur domicile. Deux hommes, nés en Tunisie, ont été interpellés et sont déférés ce vendredi. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire.
Nice : Deux hommes interpellés après le dépôt d'une tête de porc au domicile de Christian Estrosi
Christian Estrosi à Nice, le 13 juin 2025. (Bianca Otero / Zuma Press / Maxppp)
Par Actu17
Le vendredi 6 mars 2026 à 17:52

Une tête de porc coupée en deux a été découverte accrochée au portail du domicile de Christian Estrosi, maire de Nice (Alpes-Maritimes), le 27 février dernier. Deux suspects ont été interpellés les 4 et 5 mars et sont déférés ce vendredi dans le cadre de l'ouverture d'une information judiciaire, a annoncé le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué.

Le 27 février à 23h30, "alors qu'il regagnait son domicile situé à Nice, Christian Estrosi, maire de Nice, et son épouse découvraient accrochée au portail de sa résidence une tête de porc coupée en deux avec une affiche en papier clouée dessus supportant son portrait, une étoile de David et l'inscription 'connard'", détaille le parquet. Une enquête de flagrance était immédiatement confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice des chefs de "menaces de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un élu public, outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion".

Un suspect surpris en train de photographier le maire

Le visionnage des caméras de vidéoprotection de la ville "permettait de voir peu avant 22 heures un individu vêtu de noir et porteur d'un sac cabas accrocher la tête de porc et l'affiche", précise le communiqué. Les images permettaient également "d'identifier un véhicule susceptible d'être en lien avec les faits et la possible participation de quatre personnes". Les investigations menées sur le véhicule ainsi que sur la provenance de la tête de porc permettaient d'identifier deux suspects, "un né en 1988 en Tunisie et un second né en 1990 dans ce même pays".

Le premier individu était localisé à Nice et placé sous surveillance. Le 4 mars à 12h30, "alors que l'intéressé faisait l'objet d'une surveillance physique, il était vu en train de prendre une photo du maire de Nice, à quelques mètres de ce dernier alors présent dans le centre-ville", rapporte le parquet. Les enquêteurs procédaient alors à son interpellation.

Parallèlement, le second suspect était localisé en Seine-et-Marne. "Dans le cadre d'une co-saisine avec les services de police judiciaire locaux", il était interpellé le 5 mars à 6h. Des perquisitions étaient réalisées avec "la saisie de nombreux téléphones, matériels informatiques et matériels audiovisuels".

L'un des suspect est en situation irrégulière en France

Entendus lors de plusieurs auditions, "le premier mis en cause contestait toute participation aux faits tandis que le second reconnaissait la participation à certains actes préalables tout en contestant son implication directe et volontaire", indique le procureur Damien Martinelli.

Concernant leurs profils, l'individu né en 1988 a déjà été condamné pour travail dissimulé, conduite sans permis et vol en réunion. "Habituellement domicilié en région parisienne, il se présente comme titulaire d'un doctorat en informatique et autoentrepreneur", précise le parquet. "Il est titulaire d'un récépissé de demande d'asile."Le second mis en cause, né en 1990, a déjà été condamné pour infractions à la législation sur les stupéfiants. Habituellement domicilié en région parisienne, "il est en situation irrégulière sur le territoire national et indique travailler de manière non déclarée sur des chantiers".

Les deux hommes sont déférés ce vendredi dans le cadre de l'ouverture d'une information judiciaire des chefs de "violences sur un élu public sans incapacité aggravé par une circonstance en l'espèce en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion, provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion, accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données à caractère personnel et association de malfaiteurs en vue de la commission de délits punis d'au moins 5 ans d'emprisonnement".

Leur placement en détention provisoire requis

Des réquisitions de placement en détention provisoire ont été prises, notamment en vue "d'identifier tous les protagonistes, directs et indirects" et de "se prémunir de tout risque de concertation frauduleuse et de pression sur les témoins".

Christian Estrosi a réagi sur X ce vendredi après-midi suite à cette double interpellation : "Merci au Procureur et aux enquêteurs pour leur grande réactivité : deux individus susceptibles d’avoir participé à cet acte grave ont été rapidement identifiés et interpellés. C'est un soulagement".