Le dimanche 1 novembre 2026 à 11:27
Un gendarme brûlé par un engin incendiaire samedi à Paris, en fin de manifestation contre la vie chère, a raconté avoir "peut-être frôlé la catastrophe". Le militaire a témoigné auprès de RTL et de BFMTV quelques heures après les faits, survenus porte de Charenton, dans le XIIe arrondissement. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé une "tentative de meurtre".
Les gendarmes ont été pris pour cible rue des Meuniers, après l'arrivée du cortège parti de la porte de Bagnolet, à l'issue de ce troisième samedi de mobilisation. Plusieurs engins incendiaires ont été lancés sur les forces de l'ordre au moment de la dispersion, et les tenues de plusieurs agents ont pris feu.
"On est clairement assaillis et ça arrive vraiment de manière très spontanée et très brutale", a expliqué le gendarme à RTL. Sa ligne a reçu des pavés, des bouteilles en verre, des cocktails Molotov et des tirs de mortiers d'artifice. "Plusieurs ont été touchés, dont moi", a-t-il précisé. Il n'a pas vu arriver l'engin qui l'a atteint. "On ne peut pas avoir les yeux partout et la pluie de projectiles est incessante [...] Je ne le vois pas d'abord, je le ressens", a-t-il raconté sur BFMTV.
Paris : Plusieurs cocktails Molotov utilisés contre les forces de l'ordre près de la porte de Charenton #31octobre https://t.co/JvLy8BaJ6w
— Actu17 (@Actu17) October 31, 2026
«La chair commence à piquer»
Le militaire décrit une brûlure "immédiate, intense", qui "s'intensifie dans le temps" parce qu'on ne parvient pas à l'arrêter. "On a le temps de sentir que l'équipement commence à être atteint et à sentir que la chair commence à piquer", a-t-il confié. Son pantalon a été "clairement attaqué" par les flammes. La partie en plastique de sa protection de jambe a fondu et les sangles ont lâché. Il évoque aussi une matière "grasse" qui lui a donné "la sensation d'avoir été collé par cet effet de chaleur".
Un escadron rappelé de permission
Le gendarme s'en sort avec une légère brûlure à la jambe et n'a pas eu d'ITT. Quand il a revu les images de la scène, il s'est dit surpris "par l'intensité" de la situation, qui lui a fait comprendre "qu'on a peut-être frôlé la catastrophe". Son escadron était en permission ce week-end-là. Il avait été rappelé en début de semaine et a engagé 70 militaires sur la manifestation.
Lors d'un point presse peu avant 20 heures, Laurent Nuñez a rendu hommage au militaire et a qualifié les faits de "tentative de meurtre". Selon un bilan du ministère de l'Intérieur arrêté à 21 heures, 565 personnes ont été interpellées en France. Le ministère a compté 320 000 manifestants dans le pays, dont 70 000 à Paris.
![]()
Suivez l'actualité Police-Justice en direct, où que vous soyez.
DISPONIBLE SUR iOS · ANDROID · GRATUIT