Le vendredi 20 mars 2026 à 19:50
Trois hommes, dont deux animateurs, ont été interpellés et présentés à la justice au cours des deux dernières semaines pour des agressions sexuelles qui auraient été commises sur douze enfants, âgés de 3 à 9 ans, dans trois écoles parisiennes. Un professeur a également été placé en garde à vue dans l'un de ces établissements. Les trois enquêtes ont été confiées à la section intrafamiliale de la Brigade de protection des mineurs (BPM) de la police judiciaire de Paris, d'après une source proche du dossier, confirmant une information de l'AFP.
Les faits concernent trois écoles distinctes. À l'école Vigée Lebrun, dans le XVe arrondissement, un animateur est mis en cause pour des agressions sexuelles sur neuf enfants âgés de 6 à 9 ans. À l'école maternelle Grands-Champs, dans le XXe arrondissement, deux enfants de 3 et 4 ans auraient été agressés par le mari d'une institutrice. À l'école Aqueduc, dans le Xe arrondissement, une petite fille de 5 ans aurait été agressée par un animateur.
Dans ce même établissement du Xe arrondissement, un professeur a également été interpellé et placé en garde à vue pour des agressions sexuelles sur six enfants de 3 et 4 ans. Il n'a toutefois pas été déféré devant la justice.
Un «mur du silence» dénoncé par les familles
Le secteur du périscolaire parisien est éclaboussé depuis plusieurs mois par une série de signalements de violences et d'agressions sexuelles, mettant en lumière des failles dans le recrutement et dans la gestion des alertes.
À la suite de ces révélations, la Ville de Paris avait annoncé mi-novembre un plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants dans les écoles, comprenant notamment un renforcement de la formation des animateurs. Ces mesures sont toutefois jugées insuffisantes par de nombreuses familles, certaines dénonçant un "mur du silence, tant des autorités politiques que judiciaires". Un guide a par ailleurs été mis en ligne mardi par la Mairie de Paris pour aider les parents à repérer les signaux d'alerte chez leurs enfants.
Le collectif SOS Périscolaire reçu à l'Élysée
Le collectif SOS Périscolaire, qui recueille des témoignages de violences sexuelles et de maltraitance dans le périscolaire, s'est dit satisfait de son rendez-vous lundi à l'Élysée. Il appelle à "reprofessionnaliser toute la filière avec tout ce qui existe dans tous les autres métiers", par la prise en compte de critères de recrutement, de contrôles et de sanctions. Le collectif demande également la création d'une commission indépendante pour dresser un état des lieux du périscolaire, sur le modèle de la Ciivise.