Près de Toulouse : Fusil d’assaut, pistolets-mitrailleurs et stand de tir découverts dans un atelier clandestin

Les enquêteurs toulousains ont démantelé un réseau qui achetait des pièces détachées et des munitions à l'étranger pour reconstituer des armes, puis les vendre par colis postaux. Cinq suspects ont été écroués.
Près de Toulouse : Fusil d’assaut, pistolets-mitrailleurs et stand de tir découverts dans un atelier clandestin
Illustration. (PhotoPQR / Maxppp)
Par Actu17
Le samedi 7 novembre 2026 à 11:37

Un fusil d'assaut, trois pistolets-mitrailleurs et une quinzaine d'armes de poing ont été saisis dans un atelier clandestin installé à Cornebarrieu (Haute-Garonne), près de Toulouse. Un stand de tir avait aussi été aménagé sur la parcelle. L'enquête avait commencé par un trafic de pistolets fabriqués avec une imprimante 3D, puis elle a mis au jour un réseau qui reconstituait et revendait des armes dans toute la France et à l'étranger. Six personnes ont été mises en examen. Le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, a annoncé vendredi soir que cinq d'entre elles avaient été incarcérées et que la sixième avait été placée sous contrôle judiciaire.

L'opération a eu lieu lundi 2 novembre, sous l'égide d'un juge d'instruction toulousain. Elle a été menée par la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la DCOS de Toulouse, renforcée par une cinquantaine d'enquêteurs avec l'appui du RAID, de la BRI et d'une équipe cynophile spécialisée dans la recherche d'armes et d'explosifs. D'après le communiqué du parquet, elle "a conduit à la découverte, sur une parcelle située sur la commune de Cornebarrieu, d'un véritable arsenal d'armes".

Le procureur détaille les saisies : "L'opération menée le 2 novembre 2026 au sein de l'atelier clandestin installé à Cornebarrieu a notamment permis la découverte d'un fusil d'assaut, de trois pistolets-mitrailleurs, d'une quinzaine d'armes de poing, de près d'une centaine de chargeurs d'armes, de modérateurs de son (silencieux), ainsi que d'armes partielles et de plusieurs kilogrammes de munitions de tous calibres. Un stand de tir était enfin aménagé en retrait de la parcelle."

Six pistolets imprimés en 3D découverts à Pau et à Toulouse

Au début de l'année 2026, six pistolets fabriqués avec une imprimante 3D ont été retrouvés à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et à Toulouse. Le parquet de Toulouse a alors ouvert une enquête préliminaire. Quatre suspects ont été interpellés le 9 juin. "Lors de la perquisition du garage qu'ils utilisaient comme atelier, une officine artisanale dédiée à la fabrication d'armes, plus spécifiquement de pistolets semi-automatiques, en 3D, avait été découverte", précise le magistrat.

Une information judiciaire a été ouverte le 11 juin pour fabrication ou commerce sans autorisation d'armes de catégorie A ou B, détention en réunion d'armes de catégorie A et B, cession en réunion d'armes de catégorie B et participation à une association de malfaiteurs. Les quatre suspects ont été mis en examen et deux d'entre eux ont été placés en détention provisoire.

Des armes reconstituées puis envoyées «par colis postaux»

L'enquête s'est poursuivie sur commission rogatoire. Elle a établi que les armes imprimées en 3D "étaient vendues par l'intermédiaire des réseaux sociaux, notamment via l'application cryptée Telegram". Un acheteur a été identifié. "Des techniques spéciales d'enquête ont permis de mettre au jour son implication et celle de plusieurs personnes dans un trafic d'armes d'ampleur", souligne le procureur.

Le réseau ne se contentait pas des armes 3D. "L'instruction a établi qu'en plus des armes 3D acquises auprès des individus déjà identifiés, des éléments d'armes et des munitions étaient achetés à l'étranger (Slovénie, République tchèque, Finlande) pour permettre ensuite de reconstituer des armes, parfois transformées de la catégorie C à B, qui étaient enfin vendues et envoyées par colis postaux dans toute la France ainsi qu'à l'étranger", explique David Charmatz.

Six personnes ont été placées en garde à vue après l'opération : cinq hommes et une femme âgés de 24 à 32 ans, dont deux sont déjà connus de la justice. Trois d'entre eux ont été présentés jeudi au juge d'instruction, et les trois autres vendredi. Ils devaient être mis en examen, selon leur implication, pour un ou plusieurs des chefs suivants : fabrication ou commerce sans autorisation d'armes de catégorie A ou B, détention et cession en réunion d'armes de catégorie A et B, acquisition et détention d'armes de catégorie C et participation à une association de malfaiteurs.

Le parquet avait annoncé qu'il requerrait la détention provisoire pour la plupart des suspects. Vendredi soir, le procureur a indiqué que "les 5 mis en examen pour lesquels le parquet avait requis le placement en détention ont été incarcérés". Comme le parquet l'avait demandé, la sixième personne a été placée sous contrôle judiciaire.