Sacre du PSG : Deux adolescents blessés à l'œil par des tirs présumés de LBD, l'IGPN saisie

Grièvement blessés à l'œil par des tirs présumés de LBD ce week-end, trois adolescents font l'objet d'enquêtes distinctes. Deux d'entre elles, liées aux célébrations du sacre du PSG, ont été confiées à l'IGPN. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez promet que toute la lumière sera faite.
Sacre du PSG : Deux adolescents blessés à l'œil par des tirs présumés de LBD, l'IGPN saisie
Un policier tenant un LBD en main, à Paris, le 6 avril 2023. (Illustration / HJBC / Shutterstock)
Par Actu17
Le mardi 2 juin 2026 à 23:18

Trois enquêtes ont été ouvertes après des tirs présumés de lanceur de balles de défense (LBD) ayant gravement blessé à l'œil trois adolescents ce week-end. Deux d'entre elles, concernant des faits survenus à Bobigny (Seine-Saint-Denis) et à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) en marge des débordements liés à la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). La troisième vise un tir survenu à Cachan, sans rapport avec l'événement. Interpellé mardi 2 juin à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré que "toute la lumière sera faite sur cette affaire".

Le premier cas concerne un adolescent de 13 ans, originaire de Bobigny, gravement blessé à l'œil droit samedi 30 mai au soir. Les faits se sont déroulés à proximité de la cité Karl-Marx, non loin de la salle Pablo-Neruda. Le jeune garçon a été hospitalisé dans un établissement spécialisé en ophtalmologie, où il aurait été opéré. Selon son entourage, il pourrait avoir définitivement perdu l'usage de son œil droit. La blessure aurait été causée par un tir de LBD d'un policier.

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête et saisi l'IGPN. Le signalement du député La France insoumise (LFI) Aly Diouara a été reçu le 1er juin, aucune plainte ni signalement n'ayant auparavant été porté à la connaissance du parquet. L'IGPN "a été saisie afin, dans un premier temps, d'identifier puis entendre la victime et de confirmer la réalité des faits", a précisé le parquet. La mère de l'adolescent n'avait pas encore porté plainte, restant au chevet de son fils.

Deux autres adolescents blessés à l'œil

Le deuxième cas s'est produit à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne), où un adolescent de 14 ans a été blessé à un œil dans la nuit de samedi à dimanche, a confirmé à Actu17 une source proche de l'affaire. Selon RTL, qui a révélé cette affaire, le jeune homme attribue sa blessure à un tir policier de LBD et une enquête a été confiée à l'IGPN par le parquet de Créteil. Le déroulé exact des faits reste pour l'heure indéterminé.

Une troisième enquête a été ouverte, à Cachan, pour un tir de LBD soupçonné d'avoir éborgné un adolescent, selon RTL. Ces faits n'ont toutefois aucun rapport avec les festivités du PSG. Ils ont eu lieu dimanche soir, alors que des policiers tentaient de mettre fin à une rixe. L'un des fonctionnaires a tiré au LBD et atteint au visage un jeune homme, grièvement blessé. Ce dernier a ensuite été placé en garde à vue différée pour "violences volontaires".

Le gouvernement interpellé à l'Assemblée

L'affaire de Bobigny a pris une tournure politique dès le lundi, lorsque les députés LFI Aly Diouara et Thomas Portes ont diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo du mineur blessé. "Imagine : tu as 13 ans. Tu célèbres la victoire du club de ton cœur, le PSG. Et tu perds un œil parce qu'un policier a choisi de tirer au LBD depuis son véhicule pour disperser des jeunes dont le seul tort était de fêter un titre", a écrit Aly Diouara, qui indique également avoir saisi la justice.

Interpellé sur le sujet lors des questions au gouvernement, Laurent Nuñez s'est dit "extrêmement attentif". "Je comprends qu'il y a une procédure judiciaire qui est en cours et je peux vous dire que toute la lumière sera faite sur cette affaire", a-t-il répondu, restant prudent : "Je regrette évidemment ce qui s'est passé, je ne connais pas le contexte. Est-ce bien le résultat d'une action de police ? Je n'en sais rien."

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs défendu le travail des forces de l'ordre durant ce week-end de festivités émaillé de débordements. "On est sur de la gestion d'émeutes et de violences urbaines", a-t-il déclaré, évoquant "des personnes qui veulent piller des commerces, qui s'en prennent aux forces de sécurité intérieure".