Le jeudi 9 avril 2026 à 09:08
Un homme de 35 ans, de nationalité algérienne et en situation irrégulière, a été mis en examen pour "association de malfaiteurs criminelle" et placé en détention provisoire, a indiqué mercredi 8 avril le parquet national antiterroriste (PNAT), confirmant une information de franceinfo. Le suspect a été interpellé samedi 4 avril à Saint-Étienne (Loire), dans le quartier populaire de Beaubrun, après la diffusion sur les réseaux sociaux de deux vidéos dans lesquelles il exprimait son souhait de mourir en martyr et faisait usage d'une arme à feu en tirant en l'air dans la rue.
Le PNAT a ouvert une enquête dès le vendredi 3 avril, veille du week-end de Pâques, après la détection de ces deux vidéos publiées de manière rapprochée. Les investigations, portant sur une "association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteintes aux personnes" et une "détention d'armes, éléments d'armes et munitions de la catégorie B en relation avec une entreprise terroriste", ont été confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Direction nationale de la police judiciaire (DNPJ). Elles ont "permis d'identifier un homme, âgé de 35 ans, apparaissant sur deux vidéos diffusées en un temps rapproché sur les réseaux sociaux, évoquant d'une part son souhait de mourir en martyr et faisant usage d'une arme à feu, en tirant en l'air dans la rue, d'autre part", selon le PNAT.
«Un dispositif plus puissant et massif que d'habitude»
Dans le contexte des fêtes religieuses de Pâques, les policiers avaient reçu pour consigne, dans la nuit de vendredi à samedi, de localiser le suspect le plus rapidement possible, les enquêteurs redoutant qu'il souhaite s'en prendre à un lieu de culte. Inconnu des services de police, l'homme résidait à Saint-Étienne depuis quelques mois. Il a été reconnu et interpellé samedi en fin de journée dans le quartier de Beaubrun. Un dispositif de sécurité renforcé avait été déployé dans les rues du centre-ville et aux abords des lieux de culte. Yves Cellier, directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN) de la Loire, a précisé au Progrès qu'"en raison des menaces, la police nationale de la Loire a mis en œuvre un dispositif plus puissant et massif que d'habitude pour protéger les fidèles en cette période de Pâques."Il a salué "l'efficacité et le courage" des policiers.
À l'issue de 96 heures de garde à vue, le suspect a été présenté mercredi à un juge antiterroriste. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du PNAT. Une information judiciaire a été ouverte pour les mêmes chefs. Au total, cinq personnes avaient été placées en garde à vue dans cette affaire. Les quatre autres ont été relâchées sans être poursuivies à ce stade.
Troisième tentative d'attentat déjouée en trois ans à Saint-Étienne
Les investigations ne permettent pas, à ce stade, d'affirmer qu'un lieu de culte était spécifiquement visé par le suspect. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé fin mars aux préfets et aux responsables de la police et de la gendarmerie une "extrême vigilance" pour assurer la sécurité des lieux de culte lors des fêtes de Pâques et de la Pâque juive, Pessah, dans un contexte de "regain très net de tensions au plan international" et de niveau "élevé de la menace terroriste" en France.
Il s'agit de la troisième tentative d'attentat déjouée à Saint-Étienne en trois ans. En 2024, un homme avait été interpellé pour un projet d'attentat au stade Geoffroy-Guichard lors des Jeux olympiques. En 2025, un projet d'attentat porté par un masculiniste avait été empêché avec l'interpellation d'un homme de 18 ans devant un lycée stéphanois.