Le mercredi 28 octobre 2026 à 20:04
Un homme de 44 ans est mort ce mardi 27 octobre alors qu'il se trouvait en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour déterminer les causes de son décès, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). L'affaire a pris une autre tournure mercredi : le père de la victime a déposé plainte, et son avocat évoque des violences.
L'homme, prénommé Mauricio, a été pris d'un malaise dans l'après-midi, dans les locaux du commissariat. D'après le parquet de Bobigny, il a été victime d'un arrêt cardiorespiratoire. Les sapeurs-pompiers ont été appelés pour lui porter secours. "En dépit de l'intervention des pompiers, il est décédé", a indiqué le ministère public. Les raisons de son interpellation n'ont pas été rendues publiques.
"Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte et confiée à l'IGPN", a précisé le parquet. Auprès d'actuParis, il a ajouté qu'"il s'agit d'une saisine habituelle pour un décès lors d'une garde à vue". D'après l'avocat de la famille, une autopsie a été pratiquée mercredi matin, mais ses conclusions n'ont pas été communiquées.
Une plainte pour violences volontaires ayant entraîné la mort
C'est Maurice, le père de Mauricio, qui a saisi mercredi 28 octobre le procureur de la République de Bobigny d'une plainte, rapporte Le Parisien, qui a pu consulter le document. Déposée pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par une personne dépositaire de l'autorité publique, elle porte sur des faits de nature criminelle, passibles de vingt ans de réclusion. Son avocat, Me Yassine Bouzrou, y soutient que "des violences graves ont été commises lors de l'interpellation et potentiellement au sein du commissariat de police où il est décédé". Il assure que Mauricio "n'était pas atteint d'une maladie grave pouvant expliquer ce décès soudain" et réclame la saisine d'un juge d'instruction.
«On ne meurt pas comme ça tout seul en garde à vue»
L'avocat rejette fermement la piste d'un malaise cardiaque. "Nous n'y croyons absolument pas et personne n'y croit", a-t-il déclaré au quotidien francilien. "On ne meurt pas comme ça tout seul en garde à vue alors qu'on n'a aucun problème de santé", a-t-il poursuivi, assurant qu'"il s'est passé des choses au commissariat qui ont conduit à son décès". Me Yassine Bouzrou dénonce par ailleurs "le silence assourdissant du parquet de Bobigny et de la police des polices". Selon lui, le parquet et l'IGPN ont pris contact avec le père pour l'auditionner, sans lui livrer la moindre information sur les circonstances du décès.
D'origine angolaise, Mauricio était peintre de profession et vivait en France depuis son enfance, d'après son conseil. Sa famille est "dévastée et surtout très énervée d'être laissée dans le noir", a-t-il souligné.