Féminicide à Mérignac : la mission d’inspection relève «une série de défaillances» dans le suivi du mari violent


Chahinez Boutaa a été brûlée vive après avoir été blessée par balles, par son mari.

Chahinez Boutaa, 31 ans, a été brûlée vive dans la rue par son mari à Mérignac (Gironde) il y a une semaine. Le tueur présumé avait été condamné à une peine de prison aménagée pour violences conjugales.

Cette mère de trois enfants a été sauvagement tuée en pleine rue par son mari et ce, malgré les mesures prisent à l’encontre de ce dernier à sa sortie de prison, en décembre dernier. Le rapport d’étape de la mission d’inspection diligentée par les ministères de la Justice et de l’Intérieur montre qu’il y a eu « une suite de défaillances » dans le suivi judiciaire de cet homme violent et récidiviste.

Les deux ministères ont demandé une mission d’inspection pour étudier, notamment, les conditions de remise en liberté et de suivi de cet homme. Le rapport « révèle une suite de défaillances qui peuvent être reprochées à différents acteurs dans la communication et la coordination entre les services », précise le communiqué. « La mission doit se poursuivre pour caractériser ces dysfonctionnements et proposer les initiatives propres à y remédier », peut-on également lire. Le rapport définitif sera rendu le 10 juin.

18 mois de prison

Mounir Boutaa, 44 ans, avait été condamné le 25 juin 2020 à Bordeaux à 18 mois de prison, dont neuf mois avec sursis et mandat de dépôt à l’audience pour « violences volontaires par conjoint » en récidive, sur la même victime, a indiqué le parquet de Bordeaux. L’homme, qui à la double nationalité franco-algérienne, « avait obtenu, à compter du 5 octobre », une mesure de placement extérieur spécifique pour les auteurs de violences conjugales.

Il avait ensuite été libéré le 9 décembre 2020, « il était depuis suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation de la Gironde », avait détaillé le parquet au lendemain du féminicide, rappelant que cette mesure « comprenait notamment une obligation de soins, l’interdiction d’entrer en contact avec la victime et l’interdiction de paraître à son domicile ».

Une plainte en mars dernier

La défunte, Chahinez Boutaa, n’avait pas de téléphone « grave danger » et le tueur présumé ne s’était pas vu attribuer de bracelet anti-rapprochement. La mère de famille avait par ailleurs déposé une plainte en mars dernier au commissariat de Mérignac contre son conjoint pour une agression commise dans la matinée a ajouté le parquet. Le mis en cause était depuis « introuvable ». Il s’était toutefois présenté à deux reprises aux convocations de l’administration pénitentiaire, sans être inquiété.