Financement libyen présumé : Nicolas Sarkozy mis en examen pour «association de malfaiteurs»


Nicolas Sarkozy le 6 mai 2016. (photo SC Image/shutterstock)

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy a été mis en examen ce vendredi pour « association de malfaiteurs » dans l’affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007.

L’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy a été mis en examen ce vendredi pour « association de malfaiteurs » dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007 a annoncé le Parquet national financier (PNF). L’ancien président de la République avait été entendu ces dernières semaines pendant plusieurs jours par les juges chargés de l’enquête. L’ex-président peut encore contester cette mise en examen.

En outre, il a déjà été mis en examen en mars 2018 pour « corruption passive », « recel de détournement de fonds publics » et « financement illégal de campagne », et placé sous contrôle judiciaire. Fin janvier, le PNF avait ouvert un réquisitoire supplétif élargissant les investigations à des faits d’« association de malfaiteurs ».

L’un des ex-collaborateurs de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, avait déjà été mis en examen pour « association de malfaiteurs », le 31 janvier dernier.

« Une nouvelle étape dans la longue liste des injustices »

« J’ai appris cette nouvelle mise en examen avec la plus grande stupéfaction », a réagi Nicolas Sarkozy sur Facebook. « Voici donc franchie une nouvelle étape dans la longue liste des injustices commises tout au long de l’affaire dite du prétendu « financement libyen » de ma campagne électorale de 2007 », ajoute l’ancien président de la République. « J’ai répondu à toutes les questions qui m’ont été posées sans jamais être mis en difficulté, mon innocence est à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d’un quelconque financement illicite », poursuit-il.


« J’ai produit tout au long de ces 44h d’interrogatoire des éléments essentiels au soutien de la démonstration complète de ma probité. Par respect pour l’institution judiciaire et pour le secret de l’instruction, je ne peux hélas, produire, comme j’en avais l’intention, les 120 pages du procès-verbal de mon audition qui auraient permis de montrer la réalité et la force des preuves ainsi apportées », a écrit Nicolas Sarkozy. « Les Français doivent savoir que je suis innocent de ce dont on m’accuse en apportant un crédit invraisemblable aux déclarations d’assassins, d’escrocs notoires et de faux témoins. Je sais que la vérité finira par triompher », a-t-il aussi expliqué.

 

Lors de son précédent interrogatoire en juin 2019, l’ancien président de la République avait affirmé être « totalement innocent dans cette affaire », dénonçant un « complot ». Le temps de l’examen de recours visant à faire annuler l’enquête, Nicolas Sarkozy avait alors refusé de répondre aux questions des juges. La cour d’appel de Paris a rejeté la majorité des arguments de la défense de l’ancien chef de l’État qui invoquait des nullités contre ces investigations.

Jugé à partir du 23 novembre dans l’affaire dite des « écoutes »

Nicolas Sarkozy doit être jugé du 23 novembre au 10 décembre pour « corruption » dans l’affaire dite des « écoutes ». L’ancien président est soupçonné d’avoir tenté d’obtenir au début de l’année 2014, par l’intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes concernant la saisie de ses agendas dans l’affaire Bettencourt, auprès de Gilbert Azibert, premier avocat général à la deuxième chambre civile de la Cour.

En échange, le haut magistrat se serait vu promettre un coup de pouce pour obtenir un poste de choix en principauté de Monaco. Un poste qu’il n’a pas obtenu. Un non-lieu a par ailleurs été rendu dans l’affaire Bettencourt, en 2013.

L’ancien chef de l’État sera également jugé du 17 mars au 15 avril 2021 en correctionnelle pour le financement illégal présumé de sa campagne présidentielle de 2012 dans le cadre de l’enquête « Bygmalion ». Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir dépassé le plafond des dépenses de campagne.