Fuite de documents « Confidentiel Défense » : Un mensonge d’État sur les armes françaises utilisées au Yémen ?


Un char Leclerc, illustration. (Ministère de la Défense)

La Ministre de la Défense Florence Parly a affirmé le 20 janvier dernier ne pas avoir connaissance de l’utilisation d’armes françaises au Yémen. Tout porte à croire qu’elle a menti.

Un rapport classé « Confidentiel Défense » a fuité. Remis à Emmanuel Macron en octobre dernier, il a été rédigé par la direction du renseignement militaire (DRM) et liste une partie des armes françaises utilisées dans la guerre au Yémen.

Alors que Florence Parly affirmait ne pas avoir connaissance de l’utilisation d’armes françaises dans ce conflit, plusieurs documents censés rester secrets font état de contrats d’armement passés entre la France et deux pays du Golfe : l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Avions, hélicoptères, navires, chars…

L’information, révélée notamment par le média d’investigation Disclose, contredit la version officielle de la France. Car selon les déclarations des autorités françaises, les équipements terrestres vendus à l’Arabie saoudite ne seraient utilisés qu’à des fins défensives. Or, Disclose affirme, preuves à l’appui, que les chars Leclerc dont il est question ont participé à des opérations offensives au Yémen.


On y apprend également que 48 canons Caesar, fabriqués à Roanne dans la Loire, sont utilisés depuis le sol d’Arabie Saoudite et « appuient les troupes loyalistes et les forces armées saoudiennes dans leur progression en territoire yéménite ».

Outre les chars Leclerc et les canons Caesar, sont employés dans cette guerre : des hélicoptères Cougar, des Mirage, des Airbus A330-MRTT pour le ravitaillement, ainsi que des navires de fabrication française. Liste non exhaustive.

Un mensonge d’État ?

Le 20 janvier dernier, la ministre de la Défense a affirmé dans une interview à France Inter, ne pas avoir « connaissance du fait que des armes [françaises] soient utilisées directement dans ce conflit ». Selon Disclose, Florence Parly aurait pourtant été destinataire de ce rapport, à l’instar du ministre des Affaire étrangères, Jean-Yves Le Drian.