Fusillade au centre-ville de Cayenne entre malfaiteurs et policiers : un mort et quatre interpellés


Illustration. (shutterstock)

Des braqueurs ont ouvert le feu sur des policiers qui ont riposté jeudi matin, en plein centre-ville de Cayenne, en Guyane. L’un des malfaiteurs est décédé à la suite de cette fusillade et quatre suspects ont été interpellés puis placés en garde à vue. Deux d’entre eux sont mineurs. Trois armes à feu approvisionnées ont été saisies.

Des coups de feu échangés entre malfaiteurs et policiers, en pleine rue. Cette scène peu croyable s’est déroulée jeudi matin au centre-ville de Cayenne. Les investigations étaient toujours en cours ce samedi. Tout a commencé par le signalement d’un vol à main armée. « Dans la matinée du 8 juillet 2021, un véhicule Peugeot 208 3 portes, avec à son bord plusieurs individus armés, est signalé pour un vol à main armée commis au préjudice d’un commerçant dans la ZAC HIBISCUS à Cayenne », détaille le procureur de la République dans un communiqué ce vendredi, précisant que la chronologie des fais est « susceptible d’évoluer en fonction des investigations ».

C’est le restaurant « Wood », se trouvant au 1 rue de l’Université qui aurait été victime de ce braquage, alors même qu’il était fermé en raison des mesures sanitaires actuellement en vigueur sur place précise France-Guyane. La police a été alertée et un message a été diffusé sur les ondes police à l’attention de tous les équipages.

Des policiers se trouvant devant la préfecture pour encadrer une manifestation ont bien reçu le message. Et ils ont repéré la 208 des auteurs. « Une patrouille motocycliste de la police nationale aperçoit le dit véhicule à 11h00, en plein centre-ville de Cayenne, au croisement entre la place des Palmistes et la rue Lallouette ». Il s’agit de rues passantes où se trouve notamment le tribunal de commerce.

Les policiers s’approchent, les malfaiteurs ouvrent le feu

Les policiers ont décidé de s’approcher pour vérifier s’il s’agissait ou non des malfaiteurs en fuite. « Ils s’approchent du véhicule, par l’avant de celui-ci, chacun positionné d’un côté, l’arme à la main. Le passager avant du véhicule sort de celui-ci avec une arme et s’accroupit derrière la portière ouverte. Un des passagers arrière ouvre le feu à travers la fenêtre ouverte, sur l’un des fonctionnaires de police qui riposte immédiatement. Il semble que le conducteur du véhicule soit touché à cet instant », expose le parquet. La scène de crime s’étale sur 300 mètres.

Le malfaiteur, né en 1997 à Cayenne, a été touché par plusieurs balles. Ce dernier a été transporté à l’hôpital dans un état grave. Il est finalement décédé des suites de ses blessures dans la nuit de jeudi à vendredi. Une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte afin d’éclaircir les circonstances de son décès. Les investigations ont été confiées au service territorial de la police judiciaire (STPJ) de Cayenne.

Un motard de la police a été blessé dans un accident alors qu’il escortait l’ambulance transportant l’homme dans un état grave à l’hôpital, indique une source proche de l’enquête à Actu17. L’état de santé du fonctionnaire n’inspire pas d’inquiétude. Il est toutefois en arrêt de travail pour plusieurs semaines.

De très nombreux tirs

Durant cet échange de coups de feu, le passager avant s’est positionné à l’arrière de la Peugeot 208 et a fait feu sur les fonctionnaires avec une arme longue. Il s’agirait d’un fusil à pompe indique France-Guyane, s’appuyant sur des témoignages. Le tireur a ensuite pris la fuite. « Au total, 12 coups de feu ont été tirés par les fonctionnaires de police, 9 par l’un, 3 par l’autre. Aucun d’entre eux n’a été blessé par cet échange de tir », souligne le communiqué du procureur, indiquant que « le nombre de coups de feu tirés par les malfaiteurs est indéterminé à l’heure actuelle ».

Quatre suspects ont été interpellés peu après alors que deux d’entre eux essayaient de se cacher dans un commerce. « Les quatre personnes interpellées sont deux majeurs (nés au Guyana et au Suriname en 1987 et en 1994) et deux mineurs (nés au Guyana et au Suriname, âgés de 17 ans et 15 ans). Le mineur âgé de 15 ans est actuellement hospitalisé pour des blessures par arme à feu. Les identités de ces 4 personnes sont déclarées et l’âge du mineur de 15 ans est susceptible d’évoluer en fonction des investigations », ajoute-t-on. Ces derniers ont été placés en garde à vue.

Dans la voiture des malfaiteurs, les policiers ont mis la main sur un revolver de calibre 38, une arme de poing semi-automatique de calibre 40 et un fusil à pompe de calibre 12. Les trois armes étaient approvisionnées. Des chargeurs ainsi que des munitions ont également été découverts. L’enquête a été ouverte des chefs de « vol à main armée en bande organisée, association de malfaiteurs, tentatives d’homicides sur personne dépositaire de l’autorité publique et détention d’armes de catégorie B aggravée ».

« Notre administration ne prend pas la mesure du danger en Guyane »

« Malheureusement, depuis plusieurs années, la criminalité ne cesse d’augmenter en Guyane », déplore Cédric Boyer, délégué national Outre-Mer du syndicat Alliance Police Nationale. « Notre organisation n’a eu de cesse de dénoncer cette escalade de la violence et demande depuis plusieurs années des moyens humains mais aussi matériels, pour que nos collègues puissent travailler en sécurité et que la population bénéficie d’un niveau sécuritaire égal à ce qui se fait en métropole ».

« Force et de constater que notre administration ne prend pas la mesure du danger en Guyane », lâche Cédric Boyer. « Depuis deux à trois ans, les ouvertures de poste sur place ne trouvent plus assez de candidats et nous savons très bien pourquoi. C’est une jungle sécuritaire ! », affirme-t-il. « Nous espérons que de vraies décisions soient prises avant qu’un drame ne survienne dans nos rangs ».