Gilets jaunes à Paris : Le pompier soupçonné d’être un black bloc condamné à une peine de prison


Plusieurs individus ont été interpellés avec différentes armes, notamment des cocktails Molotov, ce samedi matin à Paris.

Le sapeur-pompier du Val-d’Oise interpellé avec trois autres individus ce samedi matin à Paris en marge de la manifestation des Gilets jaunes, a été condamné ce mardi à une peine de 10 mois de prison avec sursis par le tribunal de Paris.


Le pompier a assuré lors de l’audience que rien n’était à lui. Les mis en cause avaient été interpellés avec un sac ce samedi matin vers 10h30 dans une boulangerie du Xe arrondissement de Paris, avec un sac où était marqué « Sapeurs-pompiers de Persan » (une ville du Val-d’Oise, ndlr).

A l’intérieur, les policiers ont découvert un arsenal pyrotechnique : une bombe aérosol lacrymogène, 18 cocktails Molotov, plusieurs briquets, 17 fumigènes et divers pétards ainsi que des feux d’artifice. Le sac contenait également une banderole noire « I’m black bloc, don’t panic, sauf si t’es flic ».

Un sac remis par un inconnu selon les prévenus

Pour leur défense, les quatre prévenus ont donné la même version explique Le Figaro. Alors que les policiers s’apprêtaient à encercler les manifestants ce samedi matin, l’un d’entre eux aurait accepté dans la précipitation, de récupérer le sac de la part d’un inconnu sans savoir ce qu’il y avait à l’intérieur. « Je n’ai pas réfléchi » a avoué l’un d’eux âgé de 31 ans, qui est commercial dans une entreprise de sécurité, précisant avoir agi « par solidarité ».

Les enquêteurs ont pu constater sur les vidéosurveillances de la boulangerie que le prévenu avait déposé le sac à l’étage de l’établissement avant de redescendre et revenir avec le pompier et les autres mis en cause. Une altercation a alors éclaté.

« On est en colère contre lui (le commercial) car il a pris un sac sans savoir ce qu’il y avait dedans » a déclaré le pompier professionnel à la barre, ajoutant que son unité d’Osny (Val-d’Oise) ne possédait pas ce type de sac. C’est au moment où il aurait voulu « avertir le gérant de la boulangerie » que la police aurait interpellé le groupe selon son récit. L’homme a indiqué qu’il venait de sentir une « odeur d’hydrocarbure ».

Les forces de l’ordre auraient ensuite déballé le sac et mélangé le contenu de ce dernier avec les affaires personnelles des interpellés, dont certains vêtements noirs, ont raconté les prévenus au tribunal.

Une certaine « adhésion à la violence »

La procureure a alors rappelé lors de sa prise de parole que le pompier avait déjà été condamné dans le passé pour « transports d’artifices non détonants ». La magistrate a ajouté que les prévenus avaient, pour elle, « agi de concert » et voulaient « se vêtir comme des black blocs pour allumer des pétards des feux d’artifice, ou créer des incendies beaucoup plus violents ».

Sur les téléphones de ces supporters du Paris-Saint-Germain, les enquêteurs ont trouvé des photos montrant des « ultras » qui utilisent des fumigènes mais aussi un « black bloc » habillé en noir, signe d’une certaine « adhésion à la violence » selon la procureure.

Des peines de 8 à 10 mois de prison

Les trois autres hommes jugés avec le pompier ont écopé de peines allant de huit à dix mois de prison avec sursis. Le pompier a quant à lui été condamné à 10 mois avec sursis. Le parquet avait réclamé un an de prison avec sursis pour la plupart des prévenus.