Gironde : Un homme jugé pour avoir filmé ses collègues féminines aux toilettes à leur insu, durant un an


Illustration. (Flickr / Tom Hart)

Le voyeur était employé dans une société de courtage. Il avait dissimulé une caméra dans les toilettes de l’entreprise et filmé ses collègues à leur insu pendant près d’un an.

26 victimes ont été recensées par les enquêteurs, toutes des femmes. Ce vendredi se tenait le procès de leur ancien collègue, un homme âgé de 39 ans, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux (Gironde). Dix plaignantes étaient présentes à cette audience qui se tenait pour sanctionner des faits de « voyeurisme aggravé ».

Une caméra posée et retirée chaque jour

De juin 2018 à mai 2019, l’employé de cette société basée à Mérignac a filmé ses collègues femmes à leur insu pendant qu’elles étaient aux toilettes. Le dispositif de captation, une petite caméra, était positionné sous un lave-mains au niveau de la tuyauterie.

L’enquête a démontré que le voyeur plaçait la caméra discrètement le matin et la récupérait le soir pour extraire son contenu, enregistré durant la journée. Il classait ensuite chaque vidéo avec les initiales de ses victimes, rapporte Sud Ouest.

« Sympa et plein d’humour »

Ce collègue et père de famille, qualifié de « sympa », « plein d’humour », un « Monsieur tout le monde » a été confondu le 21 mai 2019. Ce jour-là, une salariée de l’entreprise a repéré une lumière qui clignotait sous le lavabo et a découvert la caméra miniature qui la filmait.


Lorsque les policiers ont perquisitionné son domicile, ils ont découvert des supports informatiques contenant 202 vidéos et 695 captures d’écran. Face aux enquêteurs, le trentenaire a immédiatement avoué ses méfaits.

Honteux lors de son procès

Lors de l’audience, il a été questionné sur les fichiers photographiques retrouvés en parallèle des vidéos. « Elles venaient d’un appareil photo. J’ai commencé avec ça, avant d’acheter une caméra », a-t-il avoué d’une voix difficilement perceptible, tête baissée et dos voûté. Son conseil l’a qualifié d’« homme honteux ».

À la barre, le prévenu s’est dit « désolé », laissant des soupirs s’échapper des parties civiles présentes dans la salle. L’avocate de trois d’entre elles a évoqué leurs sentiments de trahison, de choc et d’humiliation. Elles « ne peuvent s’empêcher de craindre que ces vidéos aient été partagées », a déclaré Me Jessica Sanchez.

4 mois de prison avec sursis requis

L’homme, marié et père de famille, avait été licencié dès la révélation des faits et avait dû quitter le domicile familial. Il vit chez ses parents, dans un département voisin, et n’a retrouvé qu’un emploi de manutentionnaire, relate le quotidien régional.

Le parquet a requis quatre mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois avec obligation de soins et d’indemniser les parties civiles. Le verdict sera rendu vendredi prochain.