Grenoble : Le RAID interpelle un père de famille au réveil à cause d’un canular téléphonique


Illustration. (Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock)

La police a reçu un appel glaçant dans la nuit de mercredi à jeudi, l’informant qu’un père de famille venait de tuer sa compagne en présence de ses enfants. Le RAID a été déclenché et a procédé à son interpellation manu militari. Il s’agissait d’un canular téléphonique.

De son propre aveu, ce père de quatre enfants a vécu un début de journée « hardcore » et une interpellation « musclée », ce jeudi matin vers 8h30, à son domicile de Grenoble (Isère). Quelques heures auparavant, le commissariat de police avait reçu un appel des plus inquiétants.

« J’ai 8 ans et mon père vient de tuer ma mère. Il est armé. Et il dit maintenant qu’il va me tuer, moi et ma sœur. Venez vite ! » déclarait l’interlocuteur à la voix d’enfant, rapporte Le Parisien. Les effectifs locaux se sont déployés sur place et les policiers d’élite du RAID ont été mobilisés.

Basés à Lyon (Rhône), soit à une heure et demi de route, ils ont immédiatement sauté dans leurs véhicules et foncé vers Grenoble. Arrivés dans le quartier de la Villeneuve à l’adresse communiquée par l’enfant au téléphone, ils ont déployé un drone pour repérer les lieux.

La porte de l’appartement cède sous l’assaut du RAID

Les opérateurs ont tenté d’apercevoir l’intérieur de l’appartement du suspect, qui se trouve au 6ème étage d’un immeuble situé dans l’allée des Frênes. En vain. Sans réponse de la part des habitants de cet appartement, les 17 policiers d’élite sont passés à l’action vers 8h30 du matin.


Ismaël, le père de famille, venait tout juste de se réveiller, lorsqu’il a entendu du bruit dans son appartement. C’était celui de la porte d’entrée qui venait de céder dans l’assaut RAID.

« J’ai vu alors des policiers armés, cagoulés, casqués, avec des boucliers, se précipiter vers moi. Ils m’ont crié : Mettez-vous par terre ! Ils braquaient leurs armes dans ma direction. Je me suis exécuté », a-t-il raconté au quotidien francilien. Le père de famille a été maîtrisé, menotté puis extrait de son appartement.

« C’était hardcore, musclé. Comme dans les films. Alors que j’étais plaqué au sol, je leur disais : Je n’ai rien fait ! Qu’est-ce qui se passe ? Ils m’ont répondu : On va vous expliquer plus tard », a-t-il ajouté.

Son épouse et ses enfants sous le choc

Alors qu’Ismaël était emmené à l’extérieur, les intervenants ont constaté que l’habitante était tout à fait vivante, et ne venait pas de se faire tuer par son conjoint. Les policiers ont alors compris qu’ils avaient été victimes d’un canular nommé « swatting », tout comme cette famille réveillée en fanfare.

« Mes enfants, qui ont 3 ans, 10 ans, 13 ans et 14 ans, ont été très choqués de voir tous ces policiers » a regretté la mère de famille, qui assure avoir eu très peur. Malgré la force employée pour l’interpeller, Ismaël a affirmé comprendre le travail des policiers. Par contre, le père de famille a déclaré qu’il allait déposer plainte contre l’auteur de cet appel malveillant.

Déjà victimes de deux autres canulars téléphoniques

Le parquet a d’ores et déjà ouvert une enquête pour tenter d’identifier le mis en cause. D’après les premiers renseignements obtenus par les policiers, il ne serait pas domicilié en Isère. Pour la victime, il pourrait s’agir d’un internaute avec lequel il avait eu des mots sur les réseaux sociaux et qui l’avait menacé de lui rendre la vie impossible.

Les policiers et le SAMU étaient déjà intervenus chez le père de famille âgé de 35 ans, à la suite d’appels malveillants au début du mois de juillet. Tantôt pour des violences imaginaires contre sa conjointe, tantôt pour une suspicion inventée de contamination par le coronavirus. Les investigations se poursuivent.