Hérault : Elle se défenestre pour fuir les coups de son mari violent, 45 jours d’ITT


Illustration. (Shutterstock)

Un quadragénaire s’est introduit au domicile de la victime à son insu et la situation a totalement dégénéré.

Le procès d’un directeur de grande surface de 42 ans s’est tenu ce mardi, devant le tribunal de grande instance de Béziers (Hérault), relate France Bleu. Le prévenu était poursuivi pour des violences volontaires aggravées sur sa conjointe dont il est séparé depuis deux ans et avec qui il est en instance de divorce depuis un épisode de violences conjugales en 2018.

Les faits remontent au 21 juin dernier. Le quadragénaire s’est introduit au domicile de sa conjointe à son insu. Il disposait du double des clés de cet appartement, situé au premier étage d’un immeuble de Caux près de Pézenas, depuis que leurs enfants les avaient oubliées chez lui lors de son week-end de garde.

Près d’une heure de violences

Le quadragénaire, dépeint comme narcissique et ayant des tendances suicidaires, a fait face à sa conjointe qui rentrait d’une soirée. Cette dernière a été victime d’une grande violence durant 45 minutes. Il a tenté de l’étouffer et de l’étrangler. Elle a alors fui son logement en sautant par la fenêtre et a atterri quatre mètres plus bas, entraînant l’agresseur dans sa chute.

La victime, qui s’est vu délivrer 45 jours d’Incapacité totale de travail (ITT), était absente à l’audience. Le prévenu, père de trois enfants, a tenté de se justifier : « Je suis rentré à son insu chez elle mais je voulais parler avec elle. J’ai perdu pied quand j’ai vu qu’un homme l’appelait à une heure si tardive ».


« J’accepte tout. Mais je ne l’ai pas frappée », a ajouté le quadragénaire, déjà condamné en 2018 pour des violences conjugales. Les constatations ont révélé que la victime portait de nombreux hématomes sur son corps, contredisant les déclarations du prévenu. Le procès a permis de comprendre qu’il imaginait une reconstruction familiale après deux ans de séparation.

2 ans de prison ferme avec mandat de dépôt

Alors qu’il encourait une peine de 10 ans de prison pour avoir agi en récidive légale, le parquet de Béziers a requis 3 ans d’emprisonnement. Représentée par son avocat, la victime l’a décrit comme un bon père de famille et a invoqué la clémence du tribunal pour son mari. Elle a réclamé une mesure l’obligeant à des soins plutôt que son incarcération.

Ses déclarations n’ont pas convaincu les magistrats. Le prévenu a été condamné à trois ans de prison dont deux ans ferme pour des violences volontaires aggravées. La décision a été assortie d’un mandat de dépôt qui l’a conduit directement derrière les barreaux. En outre, il a écopé d’une obligation de soins. Une prochaine audience est prévue en décembre prochain pour déterminer les intérêts civils.