Hommage à Mélanie Lemée : une cagnotte Leetchi ouverte pour soutenir sa famille, une marche blanche samedi


Mélanie Lemée était âgée de 25 ans. (photo Gendarmerie du Lot-et-Garonne)

Une cagnotte en ligne a été ouverte pour soutenir la famille de la gendarme Mélanie Lemée, tuée ce samedi soir par un chauffard déjà connu de la justice.

L’émotion est encore très forte dans la gendarmerie mais également en France, après le décès de Mélanie Lemée, une gendarme de 25 ans, mortellement percutée par un chauffard qui a refusé de s’arrêter dans le Lot-et-Garonne samedi.

En témoigne cette cagnotte en ligne ouverte sur la plateforme Leetchi, qui dépasse ce mardi la somme de 17 000 euros et à laquelle près de 850 personnes ont déjà participé.

« Cette cagnotte est mise en place pour montrer notre solidarité envers la famille de la gendarme LEMÉE Mélanie décédée le 4 juillet 2020 pendant l’exercice de ses fonctions par un chauffard de la route », a écrit Matthieu Lafont qui est à l’origine de cette initiative. « Cela permettra qu’elle ait un hommage à la hauteur de son dévouement qu’il soit personnel ou professionnel. Merci pour elle et sa famille ». La cagnotte est accessible ici.

Les honneurs militaires lui seront rendus

Par ailleurs, une marche blanche en mémoire de Mélanie Lemée se tiendra ce samedi 11 juillet à 15 heures au centre-ville d’Aiguillon, ville où elle travaillait depuis quatre ans. Le rendez-vous est donné à la mairie et le cortège se dirigera vers la gendarmerie d’Aiguillon, avant de terminer avec un moment de recueillement devant le monument aux morts précise La Dépêche.


Le ministère de l’Intérieur a également annoncé que les honneurs militaires seront rendus à la jeune gendarme. Gérald Darmanin, qui vient d’être nommé à la place Beauvau, devrait être présent à cette cérémonie.

La lettre bouleversante d’un gendarme

La lettre d’un gradé de la gendarmerie a été rendue publique par l’association professionnelle nationale militaire (APNM) « Gendarmes & Citoyens », sur son site. Le militaire connaissait Mélanie Lemée et fait part de sa vive douleur.

« Je vous parle avec le cœur. Ce soir du 04 juillet 20h52, mon téléphone sonne. « Seb, Mélanie vient d’être renversée. Le chauffeur est en fuite » », raconte le militaire anonyme, avant de détailler ce qu’il a vécu le soir du drame.

« On s’équipe machinalement comme pour toute mission et pour accomplir notre devoir. Mais là, c’est une camarade qui est touchée. Les réflexes professionnels et l’affect se mélangent sur la route rythmée par le gyrophare et le 2 tons (la sirène des forces de l’ordre, ndlr). On entend à la « conf » (la radio, ndlr) que le chauffeur a été interpellé », poursuit le militaire.

« Quelques instants plus tard on arrive sur les lieux. Un chaude soirée d’été où le soleil chauffe encore le bitume. Tu es là, couchée sur le sol. Les hommes en blanc font tout ce qu’ils peuvent pour que tu restes parmi nous. Les visages sont lourds. Les regards se croisent entre ceux qui sont présents en espérant un miracle. Ton binôme qui t’a vue tomber sur ce bord de route te serre la main, te suppliant de rester, de te battre. Mais l’implacable violence injuste qui t’a frappée sont ce soir-là, plus forts que toi. On est là tous à te voir partir, toi la combative attachante et souriante. »

« L’homme en moi crie vengeance, mais le devoir reste plus fort »

L’adjudant poursuit sont récit : « Pas le temps de pleurer. Il faut prendre en charge celui qui t’a arrachée à ta famille, à tes amis, à tes camarades ».

« Je te regarde, toi, le meurtrier. L’homme en moi crie vengeance, mais le devoir reste plus fort. On doit maintenant continuer la mission. L’obligation inique de te traiter en humain, toi qui vient de voler une vie. Tu oses te plaindre de douleurs costales à l’hôpital lors de ta visite de garde à vue. Et devoir donner un anti-douleurs, à toi, qui en nous en causé tant ».

« Te déposer en cellule de garde à vue avec le seul espoir que tu ne sortes plus de ces quatre murs. Pas le temps de souffler ! Il faut repartir la nuit entière sur les lieux pour surveiller l’endroit où tu nous a quittée Chère Mélanie, et voir ce sang que tu as versé », écrit le militaire encore sous le choc.


« 7h00 du matin, fatigué, en colère et triste, je gare notre véhicule à côté de celui qui est devenu une arme et qui porte les stigmates de cette tragédie. Avoir le désir égoïste de rejoindre les miens en pensant aux tiens qui pleurent et hurlent de douleur. Mélanie, c’est un honneur d’avoir servi avec toi, camarade. Tu as toujours été digne de l’uniforme que tu as fièrement porté », conclut-il.

Yassine E. a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué

Le chauffard accusé d’avoir tué Mélanie Lemée, Yassine E., âgé de 26 ans, a été mis en examen ce lundi pour homicide volontaire, refus d’obtempérer et détention de produits stupéfiants. Il a été placé en détention provisoire.

Le mis en cause roulait « à environ 130 à 160 km/h » lorsqu’il a percuté la jeune militaire. Aucune trace de freinage n’a été relevée sur place. Ce dernier conduisait sans permis de conduire et transportait « vraisemblablement de la cocaïne ». « 165 grammes d’une poudre blanche », qui font l’objet d’analyses, ont été saisies dans la Renault Clio de Yassine E, qui avait été louée par un tiers.

Cet homme de 26 ans « a déjà été condamné à trois reprises, notamment pour des infractions à la législation sur les stupéfiants et (…) sur la circulation routière » a également indiqué la procureur de la République dans une conférence de presse ce lundi. Il encourt désormais la réclusion criminelle à perpétuité.